Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

Patrick Protière : « Si l'artisan déserte la commune, elle n'a plus lieu d'être »

le - - Actualités

Patrick Protière : « Si l'artisan déserte la commune, elle n'a plus lieu d'être »
DR

Patrick Protière est le nouveau président du conseil de l'Artisanat en Auvergne-Rhône-Alpes depuis le 9 juin. Outre sa toute nouvelle fonction, il cumule plusieurs mandats électifs qui lui permettent de représenter les petites entreprises du secteur aux niveaux départemental, régional et national.

Au sein du conseil de l'Artisanat, qui dépend de la Fédération française du bâtiment (FFB), il représente, depuis le 9 juin, les artisans et entreprises de moins de dix salariés du secteur du BTP et des travaux publics.

Ce chef d'une entreprise basée à Roanne est titulaire d'un DUT en génie civil, qu'il décroche dans les années 1970. Il intègre par la suite une multinationale spécialisée dans la fabrication de béton et rejoint le laboratoire et le service recherche et développement dédiés à l'élaboration de nouvelles formulations.

Passé par la branche BTP de Solvay, il rejoint par la suite Sika, où il évoluera au niveau du service commercial pour finir directeur des régions Rhône-Alpes, Auvergne et Centre. Mais après 18 années au sein du groupe, Patrick Protière ressent le besoin « de passer de l'autre côté de la barrière », pour retrouver une dimension plus humaine, « lassé des grands systèmes ».

Il rachète alors, en 2004, la société roannaise SCM. Aujourd'hui à la tête d'une équipe de sept salariés, le dirigeant intervient sur des travaux spéciaux dans le BTP et le génie civil : renforcement des structures béton, étanchéité des ouvrages tels que les stations d'épuration, et revêtement des sols industriels en résine pour les secteurs de la chimie et de l'industrie lourde.

De cette aventure « passionnante », où il découvre de nouveaux métiers et apprend à « conduire des gens de travaux ou de chantier », il apprécie les jours qui se suivent mais ne se ressemblent jamais.

Il a su conserver « une bonne bibliothèque des savoirs, tout en sachant plier les rétroviseurs pour aller de l'avant ». Celui qui se souvenait de Roanne depuis la nationale 7, quand il allait à Bourges ou Moulins, s'est bien acclimaté au territoire. Il a rejoint assez rapidement la fédération du bâtiment du département, qui lui a permis de se familiariser à ce nouvel environnement et de construire un réseau.

« Eviter la casse »

« Quand on est passionné par son métier, on est passionné par ceux des autres ». C'est ce goût de l'échange qu'il retrouve au sein de la fédération à travers les réunions, les formations... Un partage qui relie les adhérents entre eux. Il deviendra ainsi vice-président de la FFB 42 en charge de l'artisanat, fonction qu'il occupe depuis six ans. Il est aussi le 1er vice-président de la CMA 42 et de Qualibat 42 au niveau national.

Au sein du conseil de l'artisanat, où il est donc nouvellement élu (et ce dans un contexte post-Covid), il entend en priorité soutenir les entreprises et favoriser la relance de l'activité pour « éviter la casse ». Un travail de lobbying à exercer à l'endroit « des maîtres d'ouvrage privés et publics qui peinent à valider les dossiers », laissant présager, malgré de nombreux chiffrages réalisés cet hiver, une baisse d'activité au 4e trimestre 2020.

Parmi ses autres souhaits, le soutien et la valorisation de l'apprentissage, mieux faire connaître le conseil pour gagner en notoriété et, enfin, préparer les élections qui vont animer les chambres des métiers en 2021.

Ce père de deux garçons, qui s'apprête à passer un été au front pour finir les chantiers qui se sont décalés durant la période de confinement, souligne « l'attitude remarquable » de ses salariés qui ont reporté leurs congés annuels pour finir le travail. Malgré tout, celui qui porte haut les valeurs de l'artisanat - que sont l'humain, la convivialité, la simplicité et la proximité - note que cette période difficile « a permis de rapprocher les hommes et d'apprendre à en connaître d'autres ». Il espère que ce chemin emprunté portera ses fruits, car « si l'artisan déserte la commune, elle n'a plus lieu d'être ».




Stéphanie VÉRON
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Journal du Bâtiment Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer