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Patrick Richiero, président de la Fédération BTP Savoie : « La fédération, une réussite collective »

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Patrick Richiero, président de la Fédération BTP Savoie : « La fédération, une réussite collective »
© Charlotte Robert

La Fédération BTP Savoie a été créée le 11 décembre 2017 suite à la mise à l'écart, par la FFB, de l'ancienne organisation. À la tête de cette nouvelle maison, Patrick Richiero souhaite renouer avec les fédérations nationale, régionale et départementales, mais aussi et surtout avec les acteurs locaux. Sur ce territoire qui regroupe 4 300 entreprises du BTP et 12 000 salariés, le contact, dit-il, est « essentiel ».

Vous êtes chef d'entreprise à Ugine depuis 44 ans. Une vocation, le Bâtiment ?

Pas du tout. Au départ, je voulais être musicien. Mon père, d'origine italienne, s'est installé en Savoie avec ma mère ; ensemble, ils ont monté des entreprises dans divers secteurs : gaz, pétrolier, électroménager, etc. Mon père est décédé brutalement, et j'ai dû prendre la direction au pied levé : j'avais 18 ans. Avec ma mère, on s'est retrouvé sous la tutelle d'un syndic pendant deux ans, avant d'abandonner les actifs et démarrer notre entreprise d'électricité, en attachant la qualité au nom de Richiero. Ce qui ne m'a finalement pas empêché de cofonder, plus tard, une école de musique !

Présentez-nous Richiero SAS en quelques mots...

Richiero SAS est une entreprise d'électricité basée à Ugine, qui rayonne principalement sur quatre territoires : le Pays de Gex, Voiron, Grenoble, et la Haute-Savoie, bien qu'il nous arrive de suivre le client hors de ces frontières. En grossissant, l'entreprise s'est progressivement orientée vers les marchés publics. Depuis plusieurs années, nous intervenons aussi dans la grande distribution, ainsi que dans le tertiaire. Nous sommes aussi présents dans les milieux hospitaliers, nous faisons de la rénovation en site habité, de l'éclairage public, et nous avons également un bureau d'études en interne, qui conçoit et réalise des armoires électriques pour les chantiers. À ce jour, nous employons 45 personnes et réalisons un chiffre d'affaires de 4 M€.

Vous dites avoir souhaité rattacher la qualité au nom de Richiero. Une notion essentielle à vos yeux ?

Absolument. J'ai toujours eu à cœur de faire une entreprise de qualité, respectueuse de ses engagements tout en se faisant respecter. En 2005, l'entreprise a reçu le 1er prix du concours « Qualité Totale », organisé par la Chambre de métiers et de l'artisanat de Savoie, une grande fierté pour moi. Les 3 500 € de récompense ont été répartis entre tous nos salariés.

Depuis quand adhérez-vous à la Fédération française du Bâtiment ?

Depuis que j'ai repris l'entreprise familiale, en 1974. Jean-Marie Meunier, alors maire d'Ugine, était aussi président de la Fédération BTP Savoie : c'est lui qui m'a convaincu de venir ! Dans les années 1980, je suis passé président de la section Électricité, puis j'ai intégré le comité directeur jusqu'en 2001, avant de partir pour divergence d'opinions. Et me voici de retour depuis un an, un retour aux sources en quelque sorte...

Justement, de quelle manière s'est déroulée votre intronisation à la tête de cette « nouvelle » fédération ?

On a pris acte que l'ancienne fédération avait été exclue de la FFB, résultante d'une dérive qui aura duré plus de dix ans. L'ancien BTP s'est volontairement placé en autarcie et a instauré un relationnel belliqueux avec l'ensemble des départements. J'ai pris attache avec Jacques Chanut et on a réfléchi ensemble pour créer une structure qui ait un sens. Avec deux garanties essentielles : d'une part ne pas rentrer dans le conflit qui oppose la FFB et le président de l'ancien BTP et, d'autre part, obtenir les moyens nécessaires pour mettre sur pied cette nouvelle fédération – en passant notamment par la constitution d'une équipe viable. Il nous a fallu environ six mois pour se lancer. On a effectué un très gros travail avec le secrétaire général provisoire, Jean-Yves Marillet, qui nous a permis de démarrer. Jean-Michel Colle, notre nouveau secrétaire général, nous a rejoint le 2 mai. Nous sommes désormais pleinement opérationnels.

Présentez-nous l'équipe. Est-elle appelée à évoluer ?

Dès le départ, j'ai insisté sur l'importance d'un juriste (les questions relatives au droit étant les premières que les entreprises se posent) et d'un chargé de développement, présent sur le terrain. Si notre rôle n'est pas de démarcher les entreprises, nous devons expliquer qui nous sommes, ce qu'est le BTP, présenter nos objectifs, ce qu'on peut leur apporter... Je veux que l'adhérent sache où il arrive et, dans cette optique, l'accueil s'avère essentiel. On est à sa disposition, à l'écoute. D'autant que la Savoie est un territoire riche d'échanges et de connexions. On ne doit pas se tromper de réseau. En 2019, on devrait aussi accueillir un chargé de l'environnement et un chargé des différents corps de métiers.

Quelle fédération souhaitez-vous représenter et quels sont vos objectifs prioritaires ?

La fédération n'appartient pas à un seul homme, c'est une réussite collective. Ma priorité a été de renouer avec la Haute-Savoie, avec qui nous entretenons d'excellentes relations. Depuis un an, je pars aussi régulièrement à la rencontre des parlementaires pour débattre sur des sujets forts, comme le Lyon-Turin, la fibre, la dématérialisation des marchés publics au 1er janvier...

Parmi nos actions fortes, nous avons réintégré le GEIQ BTP Pays de Savoie – Ain (groupement d'employeurs cherchant à embaucher de futurs professionnels, NDLR), dont nous ne faisions plus partie, ainsi que l'École nationale supérieure des jeunes dirigeants du Bâtiment. On ne pouvait pas rester dans cet isolement, ni se priver d'outils émanant des fédérations régionale et nationale. De la même façon, on a aussi réintégré le centre d'apprentissage (CFA). L'enseignement revêt une importance fondamentale : tous les métiers du BTP sont en tension, on ne trouve personne à embaucher et, quand c'est le cas, c'est souvent compliqué de former sur le terrain un jeune issu d'un Bac Pro. On parle actuellement beaucoup du financement des CFA, mais ce qui m'intéresse, moi, c'est la composition des diplômes, en dissonance par rapport aux besoins des entreprises. On a aussi grand besoin de la formation continue, prolongement véritable du cursus scolaire.

Il faut impérativement revaloriser les métiers dits « manuels » qui, au demeurant, ne sont plus si manuels que ça ! Pensez qu'en France, on ne compte que 400 000 apprentis, alors qu'ils sont 1,3 million en Allemagne.

Le 12 novembre dernier, BTP Rhône et Métropole a tiré la sonnette d'alarme sur la situation conjoncturelle du BTP, en particulier au regard de la baisse constante de la commercialisation des logements neufs. La Savoie souffre-t-elle des mêmes carences ?

La Savoie entre toujours plus tard dans la crise et, de fait, en sort toujours plus tard. Chez nous du coup, c'est un peu inversé. Les logements se portent plutôt bien, le département enregistrant 6 000 nouveaux logements neufs par an et la Haute-Savoie 15 000 (ce dernier département représentant la deuxième croissance en Rhône-Alpes). En revanche, on subit actuellement un vrai problème de recrutement. On est tous en train de refuser des chantiers car on ne trouve personne, et ça commence à devenir très compliqué. Il faut savoir que notre territoire est atypique : la moitié des Savoyards habite entre Montmélian et Aix-les-Bains, mais 55 % du PIB se fait en stations et à plus de 1 000 m d'altitude. Les travaux en montagne sont essentiels dans le département, et nos effectifs regroupent un grand nombre de saisonniers.

Qu'avez-vous à dire sur le projet de Loi de finances 2019, qui prévoit la suppression du taux réduit de fiscalité sur l'utilisation du GNR pour les engins de Travaux publics ?

On a fait une lettre ouverte avec d'autres élus, afin de voir si l'on coordonne une action. L'alignement du GNR (gazole non routier, NDLR) sur le prix du gasoil va générer un coût supplémentaire de l'ordre de 700 M€, dont 500 M€ rien que dans le BTP. Ça va avoir un impact d'environ 6 à 8 % sur le chiffre d'affaires, et c'est dramatique. On risque d'avoir des dépôts de bilan…

Le problème, c'est que l'on renverse un peu toutes les tables au même moment. Il faut aller vite, mais chaque chose en son temps. Sur le sujet de l'environnement, la problématique des déchets de chantiers, par exemple, est extrêmement préoccupante : il faut que l'on ait plus de décharges à disposition sur nos communes, d'autant que si l'on peut réduire le nombre de kilomètres à parcourir pour les camions, c'est profitable pour tout le monde.

Vous exercez d'autres responsabilités en parallèle. Comment trouvez-vous le temps de tout faire ?

Une question d'habitude ! J'ai toujours été « multi-casquette ». J'ai notamment été président du Rotary Albertville en 2010, je suis président de la CPME de Savoie depuis 2015 et vice-président de la CCI de Savoie depuis janvier 2016. Pendant une bonne dizaine d'années, j'ai aussi été administrateur dans le réseau Entreprendre, qui aide les jeunes à démarrer leur aventure entrepreneuriale. J'ai toujours chéri ces instants, où l'on peut rendre un peu de ce que l'on a reçu. Par le passé, des personnes m'ont soutenu et formé, et je reste très attaché à cette reconnaissance.

Patrick Richiero en quelques dates

11 décembre 2017 Devient président de la Fédération BTP de Savoie

Janvier 2016 Devient vice-président de la CCI Savoie (élu CCIR)

10 avril 2015 Devient président de la CPME de Savoie

10 octobre 2010 Son fils, Richard, intègre l'entreprise familiale

2005 Reçoit le 1er prix au concours « Qualité Totale » de la Chambre de métiers et de l'artisanat de Savoie

11 octobre 1974 Reprise de l'entreprise familiale à 18 ans

25 octobre 1955 Naissance à Ugine (Savoie)




Charlotte ROBERT
Journaliste

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