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Philippe Guerand : « Un processus complexe mais vital pour les entreprises »

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Philippe Guerand : « Un processus complexe mais vital pour les entreprises »
© Céline Vautey

Pour le président de la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes, la transmission reprise est un sujet « absolument vital » pour les entreprises du territoire. En cela, cette démarche entrepreneuriale préserve la diversité et la richesse du tissu économique local.

Quels sont les enjeux de la transmission-reprise dans notre région ?

Philippe Guerand. Une entreprise sur quatre est pilotée par un dirigeant de 55 ans ou plus en Auvergne-Rhône-Alpes (chiffre 2017). La transmission-reprise est un sujet absolument vital pour notre économie régionale : il s'agit de maintenir et pérenniser notre tissu économique, nos emplois, nos centres de décision et nos capacités de production, notamment dans les communes les plus petites et les zones les moins urbaines. Rappelons que près d'une ETI française sur deux est implantée en Auvergne-Rhône-Alpes ! Faciliter la transmission-reprise, c'est contribuer à préserver la diversité et la richesse de notre tissu économique. C'est pourquoi le réseau des CCI œuvre au quotidien sur ce champ. Plus de 20 000 cédants et repreneurs ont ainsi été accueillis, informés et accompagnés par les CCI d'Auvergne-Rhône-Alpes en 2017.

Le cycle lié à la transmission-reprise s'est-il allongé ou au contraire assiste-t-on à une intensification des cessions d'entreprises ?

Après un net ralentissement lié à la crise de 2008, nous observons aujourd'hui un regain d'activité sur le marché de la transmission-reprise. La conjoncture s'améliore, les projets ressortent des tiroirs. Mais ces dernières années, les délais de vente se sont allongés, pour atteindre 18 mois en moyenne. La transmission-reprise est un processus délicat et complexe, très consommateur de temps et d'énergie, et qui comporte des incidences fortes sur la vie personnelle. C'est pourquoi il ne faut pas rester seul ! Que l'on soit cédant ou repreneur, se faire accompagner est l'une des clés pour augmenter ses chances de réussite.

Quels sont les secteurs particulièrement concernés par la reprise d'une activité?

Si l'on considère les données issues de notre dispositif Transentreprise (lire encadré), plus d'un quart des affaires reprises appartiennent au secteur hôtel-bar-restaurant. Sont aussi concernés le commerce alimentaire, le commerce de détail, les services aux particuliers, les entreprises du secteur construction BTP et les entreprises de production, industrie.

Le chiffre circule de 72 000 entreprises potentiellement concernées par une reprise. Mais toutes ne sont viables. Comment flécher au mieux les repreneurs intéressés ?

Toutes les entreprises à reprendre sont dignes d'intérêt, ce qui compte c'est l'adéquation homme-projet. Là encore, seul un accompagnement de proximité permettra au repreneur de mesurer sa motivation, d'évaluer ses compétences et ses éventuelles lacunes, de définir un projet en adéquation avec ses moyens (compétences, capacité financière…) et de limiter son périmètre de recherche pour ne pas s'éparpiller. C'est sur la base de ce travail qu'il pourra identifier l'entreprise qui lui convient le mieux.

Le chef d'entreprise cédant garde-t-il un pied dans sa société ou en sort-il totalement ? Existe-t-il en cela des modes différents de transmission ?

L'accompagnement du repreneur par le cédant n'est pas systématique et n'est pas toujours utile. Il varie selon l'activité exercée, la taille de l'entreprise, le projet du cédant… En effet, le cédant n'est pas toujours un futur retraité : un peu plus de 40 % seulement des projets de cessions sont motivés par un départ en retraite.

Acteur central, le réseau des CCI accompagne à la fois les cédants et les repreneurs. Quel est le point de vigilance n°1 à observer tant dans la cession que dans la reprise ?

Du côté des cédants, nous déployons de nombreuses actions de sensibilisation, car nous constatons souvent un manque d'anticipation. Beaucoup aimeraient que le sujet puisse se gérer en quelques semaines. De plus, pour céder ou transmettre son affaire, il ne suffit pas de préparer les aspects fiscaux et financiers. Il est aussi primordial de faire prendre à son entreprise les virages nécessaires lorsqu'il en est encore temps – je pense notamment au « saut en avant » de la transformation numérique. Quant aux repreneurs, nous les incitons à bien mûrir leur projet et à le confronter à la réalité du marché et du terrain.




Julien THIBERT
Journaliste

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