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Pierre Gattaz : « Cette crise sanitaire et économique, c'est aussi un moment européen très fort »

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Pierre Gattaz : « Cette crise sanitaire et économique, c'est aussi un moment européen très fort »

Le big boss de BusinessEurope mise sur un patronat uni « pour résister aux agressions populistes et nationalistes ». Mais rien ne se fera sans un redémarrage franc et assumé de l'activité.

Pour vous, de l'excellence économique découle le progrès social. Et environnemental...

On doit toujours avoir les trois « P » en tête : Prospérité économique, People et Planète. Garantir la sécurité des salariés reste fondamental, non négociable, rien n'est possible sans cette priorité absolue, mais il faudra sans doute inventer et apprendre d'autres façons de travailler. Pas question non plus de se remettre à polluer sans réfléchir à d'autres modèles, il faut aller vers l'imagination, la créativité, et en cela la période que nous vivons est intéressante.

Une des leçons de cette grande crise, c'est que nous avons beaucoup délocalisé, à marche forcée, par un environnement fiscal et social compliqué en France. On ne relocalisera que si cet environnement se normalise par rapport aux autres pays, et il faut pousser dans ce sens-là. Il y a aujourd'hui toute une réflexion en cours sur les filières stratégiques à conserver en France ou en Europe, la production médicamenteuse notamment, c'est plutôt sain.

Côté planète, c'est un combat lui-aussi fondamental. La crise sanitaire s'est déjà transformée en crise économique, il ne faudrait pas la transformer en crise environnementale...

Selon vous, serons-nous assez responsables ?

Je crois en un confinement aux effets vertueux, avec un retour aux vraies valeurs, au vrai sens de la vie, de la mort, aux choses essentielles, à un bonheur que l'on sait relatif. Il pourrait en ressortir une forme de sagesse collective, chefs d'entreprises compris, et d'ailleurs le monde économique a bien réagi, on a senti de la mobilisation, de la solidarité dans les initiatives qui se sont mises en place.

Et l'Europe, est-elle toujours aussi solidaire ?

L'Europe a plutôt bien réagi face à la crise. Dès le début, la commission a été à la hauteur dans le vote de ses budgets pour ajouter de la liquidité dans les rouages économiques. La réactivité est là, il faut continuer. Il faut aujourd'hui trois principes de base, ce que nous demandons via BusinessEurope : que les entreprises aient du cash, que ce soit rapide et que ce soit simple. Il faut vraiment simplifier les procédures car, aujourd'hui, des entreprises meurent du manque de cash. Il faut que les Etats-membres aident leurs entreprises, mais l'Europe aussi, elle qui n'y a pas accès directement, qui donne des directives, du financement via la BCE ou le fonds d'investissement européen.

Solidarité-responsabilité-action, c'est ce que nous poussons depuis deux mois. Solidarité entre petites et grandes entreprises, entre les Etats-membres, entre l'Europe et les Etats-membres, c'est l'union qui fait la force face à ce désastre. Chaque pays, seul, ne peut rien. L'Europe devient encore plus importante, c'est en mutualisant nos moyens qu'on y arrivera. Avec une dose de responsabilité bien sûr, par rapport à la santé des citoyens, des soignants, des salariés. Quant à l'action, il me semble que nous y sommes.

Le rebond ?

Il faut le préparer dès aujourd'hui. Toutes les entreprises ont bien compris l'importance de la gestion de crise pour compenser les pertes, par un confinement intelligent, pourquoi pas par des investissements quand c'est possible, les Chinois le font très bien en accélérant sur la 5G, via un plan massif de relance, il faut faire la même chose sur des filières stratégiques.

Il faut profiter de cette crise mondiale pour améliorer l'Europe, mesurer nos faiblesses et nos atouts, et trouver les moyens d'accélérer les forces. Entre le nationalisme exacerbé d'un Trump et l'agressivité chinoise et son rêve d'hégémonie sans respecter les règles de la concurrence, il y a une vraie place pour l'Europe, pour reprendre son destin en main avec des stratégies industrielles et digitales fortes. Une sorte de renaissance...

Propos recueillis par Isabelle Auzias, Tribune Côte d'Azur pour Réso Hebdo Eco

Côté Radiall​

Sous sa casquette industrielle, Pierre Gattaz a mis ses principes patronaux en action : la machinerie Radiall (cinq sites en France, 3 500 collaborateurs et une présence sur trois continents), leader mondial des composants électroniques d'interconnexion qu'il dirige depuis 1992, ne s'est arrêtée qu'une semaine en début de confinement - semaine mise à profit pour peaufiner les règles sanitaires pour une reprise de l'activité progressive.

Couvrant plusieurs filières (aéronautique, automobile, spatiale), le géant d'Aubervilliers fonctionne actuellement à 50 % de ses capacités habituelles. « Il faut déconfiner de façon intelligente, sans mettre en péril les collaborateurs, mais il faut sortir de cet attentisme destructif, d'autres pays l'on fait et y sont parvenus. Faire autrement, mais faire quand même ».

Pour lui, l'industrie vit une période intéressante, créative, qui pourrait inspirer les autres filières.




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