AccueilActualitésPierre Malochet : « Il ne faut pas se voiler la face : nous allons vivre une crise sans précédent »

Pierre Malochet : « Il ne faut pas se voiler la face : nous allons vivre une crise sans précédent »

Alors que 2020 s'ouvrait sur des promesses de croissance comme ils n'en n'avaient plus connues depuis la crise de 2008, les entrepreneurs de travaux publics s'attendent maintenant à vivre une année noire. Un exercice de tous les dangers, que le secrétaire général de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes n'hésite pas à qualifier d'« historique ».
Pierre Malochet : « Il ne faut pas se voiler la face : nous allons vivre une crise sans précédent »
DR - Pierre Malochet à droite, aux côtés de Pierre Berger, président de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes

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Quel est le sentiment général dans les TP et quels sont les points principaux d'interrogation qui subsistent ?

Nous sommes inquiets bien entendu, et les questions que se posent nos dirigeants sont très nombreuses. Qui fait-on revenir sur les chantiers ? Est-ce que l'on fait réaliser des tests à chaque salarié pour ne pas remettre au travail ceux qui sont malades ? Comment nous assurer que les salariés portent bien leur masque sur les chantiers ? Comment être sûr qu'ils pensent à se laver les mains régulièrement et qu'ils appliquent les gestes barrière ? Comment faire pour qu'ils ne se passent pas les outils de main en main ? Très clairement, il faut changer totalement l'approche de nos métiers et leurs modes de fonctionnement. C'est un chantier gigantesque et particulièrement complexe à gérer.

Les entreprises de TP sont-elles capables de résister à cette crise ?

Depuis le début de cette épidémie, nous répétons que l'humain est la priorité absolue pour tous les dirigeants de la FRTP Aura. Cela reste vrai. Mais il est clair que les entreprises s'inquiètent aussi pour leur trésorerie. Les prêts BPI vont bien entendu se débloquer à un moment donné, mais cet argent, il faudra bien le rembourser ensuite. Comment faire ? Les reports de charges annoncés par le gouvernement sont les bienvenus, mais comment feront les entreprises, dans quelques mois, lorsqu'il faudra régler celles qui se présenteront et celles qui n'auront pas été payées ?

Quelle solution imaginez-vous ?

Nous allons demander l'annulation pure et simple des charges sur la période d'arrêt d'activité. Car même les entreprises les plus solides vont être fortement impactées par cet épisode de crise. Et je crains que nous ayons beaucoup de casse dans quelques mois, alors que nous avions enfin le sentiment d'avoir repris une activité dynamique. Il ne faut pas se voiler la face : nous allons vivre une crise sans précédent. Plus terrible que celle de 2008. Il faut absolument que les maîtres d'ouvrage jouent le jeu en sortant les appels d'offres qu'ils avaient sous le coude.

Dans ces conditions, que vous inspire l'éventuel report des élections municipales au mois d'octobre ?

La perspective d'un second tour repoussé au mois de juin était déjà une source d'inquiétude pour nos entreprises. Mais ce serait absolument terrible si ce report était prolongé jusqu'au mois d'octobre. Ce serait une véritable catastrophe. Nous avions fait une première projection, qui tablait sur la mise en place des conseils municipaux, des communautés de communes et des assemblées métropolitaines début juillet. Les premiers appels d'offres pouvaient alors sortir en octobre / novembre. Mais si le deuxième tour des élections est reporté à octobre, rien ne sortira avant début 2021. Et les entreprises qui n'ont pas de carnet de commandes constitué au 2 avril ne pourront pas passer le 2nd semestre 2020. Alors que l'exercice était très bien engagé, c'est une année noire qui est en train de se dessiner.

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