AccueilActualitésPierre Rampa : "Insupportable de penser qu’on perd parfois jusqu’à 50 % de l’eau"

Pierre Rampa : "Insupportable de penser qu’on perd parfois jusqu’à 50 % de l’eau"

Elu président des Canalisateurs pour un mandat de trois ans, Pierre Rampa a profité des Rencontres de l’eau pour aborder les nombreux défis auxquels la profession va devoir faire face.
David Gandaubert, président de la Fédération BTP Savoie, Pierre Rampa, président des Canalisateurs, Michel Réguillon, président des Canalisateurs du Sud-Est, Bertrand Converso, président Fédération BTP Isère.
DR - David Gandaubert, président de la Fédération BTP Savoie, Pierre Rampa, président des Canalisateurs, Michel Réguillon, président des Canalisateurs du Sud-Est, Bertrand Converso, président Fédération BTP Isère.

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Pierre Rampa, vous avez succédé à Alain Grizaud en juin. Quelle est votre feuille de route pour ce mandat e trois ans qui démarre ?

On a établi un plan d’actions à horizon 2025, avec quatre grands axes. Le premier, c’est d’être représentatif et de mobiliser. Pour ça, on va chercher à animer le réseau. Le deuxième axe sera d’agir auprès des parties prenantes.

Pierre Rampa : "Les Canalisateurs doivent être acteurs des grandes mutations"

Il faudra que l’on soit visible et reconnu. Nous devrons aussi être à l’écoute des partenaires, les associations d’élus notamment. Troisième axe, être acteur des grandes mutations. Dernièrement, nous avons notamment organisé un grand séminaire pour permettre à nos adhérents de se former sur les défis du changement climatique.

"Encourager les innovations et passer un cap en termes de prévention"

Nous allons d’ailleurs formuler pas mal de propositions qui nous permettront d’agir. L’objectif est de mettre en œuvre tous les moyens pour construire des chantiers écologiquement exemplaires. Nous voulons aussi encourager les innovations et passer un cap en termes de prévention et de bien-être au travail. Et le quatrième axe, c’est le recrutement. On travaille sur pas mal de pistes : les territoires zéro chômeur, un meilleur maillage des formations sur le territoire français…

Pierre Rampa

Justement, pour relever les défis actuels, quels seront les besoins en main d’œuvre de la profession ?

Je pense qu’il faudra 5 000 entrées par an dans toute la France. C’est beaucoup. D’autant plus que, comme beaucoup de métiers à l’heure actuelle, nous avons un problème d’attractivité. Pour y faire face, on communique, on va à la rencontre des jeunes. Et on veut avancer sur l’amélioration des conditions de travail. Il faut que l’on aille vers les jeunes mais pas uniquement.

"Sécuriser les réseaux en les interconnectant entres eux"

Vendredi 7 octobre, vous avez participé aux rencontres régionales de l’eau et de l’assainissement, à Fort-Barraux. Quel était le but de ce rendez-vous ?

Nous avons pu aborder deux grandes thématiques : l’eau potable comme source d’énergie, avec les témoignages de plusieurs collectivités et syndicats ; et la gestion du patrimoine pour un meilleur rendement sur nos réseaux. Il faut pour ça protéger les eaux souterraines en s’assurant de l’étanchéité des réseaux d’assainissement. Quand c’est possible, éviter les forages agricoles dans les nappes et leur substituer des réseaux collectifs d’irrigation à partir de ressources plus pérennes. Ensuite, il faut sécuriser les réseaux en les interconnectant entre eux. Les évènements de cet été ont démontré la fragilité de certains territoires en matière d’eau.

Mais pour protéger la ressource en eau, il faudra également agir sur le remplacement des réseaux de canalisations…

Bien sûr. Ça n’est pas normal de voir que dans certaines régions, on perd jusqu’à 50 % d’eau à cause de mauvaises canalisations (NDLR : la moyenne de perte en France est de 20 %). Pour faire bien les choses, nous devrions avoir un taux de renouvellement de 1,2 % du réseau chaque année. Il est à l’heure actuelle à 0,70 % par an. C’est un changement important à opérer que nous devons faire au fur et à mesure.

"L’eau est un service, pas un bien"

Comment faire pour payer tout ça ?

C’est la grande question. L’estimation des besoins s’élève approximativement à 2 milliards d'euros supplémentaires par an pour le renouvellement des réseaux d’eau et d’assainissement pour un patrimoine estimé à 300 milliards d’euros. Et le principal financeur, c’est le consommateur : 80% du coût du service de l’eau est assuré par la facture de l’eau.

Ça n’est pas très politiquement correct de dire ça, surtout en ce moment, mais il faudra s’interroger sur l’augmentation du prix de l’eau, en fonction de l’état du patrimoine et de la ressource. L’eau est un service, pas un bien. Maintenant, la situation n’est pas la même partout en France. Dans les grandes agglomérations, les besoins de renouvellement sont moindres. Mais on peut tout de même envisager qu’un plan national voit le jour pour accélérer la mise à niveau et la sécurisation de certains territoires. L’eau est le premier chantier de la planification écologique mis en place par le gouvernement. Espérons que cela engendre une nouvelle donne.

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