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Pierres marbrières, une IG made in Rhône-Alpes

Soumise à enquête publique jusqu'à mi-juin, l'indication géographique (IG) pierres marbrières de Rhône-Alpes devrait être accordée par l'Inpi au 2e semestre 2019. Entretien avec Christian Laurent, président de l'association Rhônapi, basée à Montalieu-Vercieu et à l'origine de la demande.
Pierres marbrières, une IG made in Rhône-Alpes
© Euromarbles

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Pourquoi une indication géographique ?

On connaît déjà les indications géographiques protégées (IGP) pour les produits alimentaires. Depuis quelques années, l'État a mis en place les indications géographiques (IG) pour les produits manufacturés et ressources naturelles. C'est donc une démarche assez récente, qui s'adresse à des produits fabriqués de façon artisanale ou industrielle. L'intérêt pour la pierre est d'apporter un éclairage au consommateur, qui peut être un particulier, une institution privée ou une collectivité. Aujourd'hui, le marché de la pierre en France est pris d'assaut par des produits d'importation (Portugal, Turquie, Croatie, Egypte, Chine, Inde, etc.), souvent commercialisés avec des noms qui sonnent « français ». L'IG va donc aider à éclairer le consommateur sur l'origine du matériau. Chez nous, cette matière première peut venir de l'Ain, du Nord-Isère ou de l'Ardèche. Le façonnage du produit (dallage, escalier, façade…) doit ensuite être réalisé dans une zone géographique définie par le cahier des charges, soit les sept départements de l'ancienne région Rhône-Alpes. L'entreprise opératrice doit pour sa part être certifiée par un organisme indépendant, ce qui lui donne l'autorisation de fabriquer des produits IG.

Qui est concerné dans la filière ?

Ceux qui extraient la matière (les carriers), ceux qui la transforment (tailleurs de pierre, marbriers, graveurs, sculpteurs…), ainsi que les poseurs (paysagistes, maçons, carreleurs…). Pour le consommateur, l'intérêt est d'avoir une garantie sur l'origine de la matière et le lieu de fabrication, en forte demande aujourd'hui. Pour les collectivités, cela peut être un outil témoignant de leur consommation locale. Il existe malheureusement des gens qui trichent sur le nom et les appellations des pierres. L'IG est certifiée par l'État et contrôlée par l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle, Ndlr). Pour l'entreprise, il s'agit aussi d'un engagement qui garantit le savoir-faire dans un atelier local. Vis-à-vis de la collectivité, l'entreprise s'engage à fabriquer sur place, donc à embaucher et à investir sur le territoire. Cela lui permet également de se différencier. Je prends souvent l'exemple des marbriers funéraires. Il y en avait auparavant dans de nombreux villages et leur rôle était de recevoir des blocs de marbre ou de granit, de les couper et de les tailler. Aujourd'hui, cette activité a quasiment disparu et les monuments sont importés, puis revendus. L'IG peut redonner envie d'entreprendre.

Comment se porte le marché de la pierre ?

C'est un marché qui se maintient et qui a plutôt une image qualitative pour le consommateur, avec néanmoins une inquiétude concernant son prix. La part d'importation augmente beaucoup depuis plusieurs décennies. L'objectif est de regagner des parts de marché et de remettre en avant la pierre par rapport à d'autres matériaux, notamment en rappelant ses utilisations – oubliées pour certaines d'entre elles. L'innovation est également présente : certains marbriers utilisent des solutions visant à renforcer la résistance des pierres, tout en les amincissant et en les rendant transparentes.

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