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Point.P et Suez se réunissent pour reprendre et valoriser les déchets de chantier

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Point.P et Suez se réunissent pour reprendre et valoriser les déchets de chantier
© Jacques Donnay - Nicolas Godet (Point.P) et Philippe Maillard (Suez)

Avec 46 millions de tonnes de déchets produites chaque année en France, la filière bâtiment constitue une cible privilégiée pour les acteurs de la récupération et de la valorisation. Leaders sur leurs marchés respectifs, Point.P et Suez ont décidé de s'associer pour ouvrir une déchèterie multiflux à Villeurbanne ; un site pilote conçu pour recevoir la quasi-totalité des typologies de déchets de chantier. Nicolas Godet, directeur général adjoint de Saint-Gobain Distribution, en charge de l'enseigne Point.P, et Philippe Maillard, directeur général adjoint de Suez France, expliquent la démarche.

Pourquoi les artisans viendraient-ils déposer leurs déchets sur ce site plutôt que dans une déchèterie municipale ?

Nicolas Godet : Parce que cela représente un gain de temps énorme. En venant ici, sur un site qui héberge déjà une agence Point.P, ils pourront évacuer leurs déchets de chantier et, dans le même temps, se réapprovisionner en matériaux. Dans une journée très chargée, ils auront ainsi un seul trajet à effectuer pour réaliser deux opérations. Cela signifie une seule attente, un seul comptoir, un seul contact avec le même magasinier…

Est-ce que le prix sera calqué sur celui des déchèteries municipales ?

N. G. : Nous n'avons pas vocation à nous aligner sur le prix des déchèteries municipales car nous prenons de plus petites quantités. Nous sommes sur du diffus et la notion de service est très importante dans notre projet. Enfin, je ne pense pas que le prix soit différenciant. Ceci étant dit, il y a beaucoup de produits pour lesquels le dépôt est gratuit ici : ferraille, papier, carton, plastique…

La mise en œuvre de ce projet a pris 18 mois ; qu'est-ce qui explique cette longue maturation ?

Philippe Maillard : Il a fallu comprendre les attentes des artisans, analyser la nature exacte de leurs besoins et les objectifs de chacun. Par ailleurs, Point.P a pris le temps de former ses équipes, afin qu'elles soient en mesure d'accueillir les artisans, de les orienter et de leur apporter un véritable service. Chez Suez, une partie de notre expertise consiste justement à réaliser ce travail de pédagogie. Nous sommes donc intervenus pour former les magasiniers qui gèrent le site.

En quoi ce travail de formation était-il indispensable ?

N. G. : Il y a onze typologies de déchets qui sont récupérées et triées sur ce site. Il est donc essentiel de bien identifier chaque produit et de déterminer lequel va dans tel flux, lequel va dans tel autre. Une plaque de plâtre collée avec un peu d'isolation ou un peu de bois ne pourra pas être orientée dans le même flux qu'un déchet de plâtre isolé. Tout l'enjeu de ce site est de bien identifier les flux pour avoir des flux propres, non contaminés.

Cette déchèterie est installée dans une agence Point.P et ce sont les salariés de cette enseigne qui sont en charge de la gestion quotidienne de ce nouveau service. Dans ces conditions, au-delà de la formation, quel est le rôle de Suez dans ce projet ?

P. M. : Suez amène son savoir-faire dans la valorisation, car il ne s'agit pas seulement de récupérer et de trier, mais aussi de valoriser ces déchets. Notre expertise repose sur la gestion des différentes filières de tri, de recyclage et de valorisation, mais aussi dans notre capacité à gérer la logistique associée à ces différents flux.

Puisque ce site a un rôle pilote, envisagez-vous d'ouvrir d'autres sites identiques à celui-ci ?

N. G. : Nous avons la volonté de déployer ce concept dans toute la France. En dehors de Villeurbanne, nous ouvrons dix autres sites pilotes dans d'autres régions. Par ailleurs, nous sommes en train d'identifier les prochaines agences susceptibles d'héberger un site identique à celui-ci. Nous les sélectionnons sur la base de plusieurs critères : emplacement disponible dans la cour, flux de clients et capacité en interne à mettre en œuvre cette activité.

Quels volumes de déchets espérez-vous collecter à Villeurbanne ?

P. M. : C'est difficile de parler d'ambitions de volumes. Nous avons plutôt la volonté de faire réussir ce pilote et de développer ensuite le maillage territorial. Demain, il faudrait qu'il y ait cinquante sites identiques à celui-ci, puis cent… En matière de gestion des déchets, les réponses sont automatiquement territoriales, voire locales. C'est au travers du mariage de nos deux entreprises que nous pouvons être en mesure de développer ces solutions.

Ce type de déchèterie constitue-t-il la meilleure solution au problème des déchets de chantier ?

P. M. : Non, car il n'y a pas de réponse unique. Mais ce type de déchèterie professionnelle, installée sur un site de distribution de matériaux, est une des réponses pertinentes que nous pouvons apporter.




Jacques DONNAY
Journaliste

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