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Polyloop met le recyclage à portée de main des industriels

le - - Isère

Polyloop met le recyclage à portée de main des industriels
DR - L'équipement compact pourra facilement s'intégrer sur un site industriel.

La start-up implantée à Généssieux, dans la Drôme, développe des unités compactes de régénération des matériaux composites. L'équipement permettra la réutilisation directe des matières recyclées sur le site des utilisateurs.

Les matériaux composites à base de PVC sont compliqués à recycler. Pourtant, ce type de déchets représente des volumes importants : revêtements de sol, membranes d'étanchéité de toiture, câbles électriques, toiles de protection solaire… Le groupe isérois Serge Ferrari, fabricant de toiles de protection composites, a commencé à s'intéresser à cette problématique il y a plus de vingt ans. « En association avec Solvay, nous avons mis au point le procédé Texyloop. Cette technologie de recyclage permet la régénération des matières et leur séparation pour une totale pureté », explique Romain Ferrari, directeur RSE du groupe Serge Ferrari et co-fondateur de Polyloop. Dans les années 2000, le procédé est mis en œuvre dans l'usine Vinyloop, basée en Italie. Actionnaire minoritaire, le groupe Serge Ferrari assiste à l'arrêt et à la liquidation du site en 2018.

Romain Ferrari tire alors les enseignements de cet échec. « Le procédé était coûteux. Il y a d'abord un investissement de départ élevé, auquel vient s'ajouter le coût opérationnel. Il fallait compter entre 1 000 et 1 200 € la tonne de matériaux recyclés. Sans compter un problème de qualité. Nous avions besoin de volumes importants pour faire tourner cette grosse usine, d'une capacité de 10 000 tonnes par an. La qualité des déchets était donc variable et ne permettait pas de sortir une matière première recyclée compatible avec la réglementation Reach », analyse-t-il. Fort de ce constat et pas prêt d'abandonner son engagement pour la transition énergétique, Romain Ferrari fait un rêve : « Il fallait mettre l'usine en boîte dans un container pour pouvoir l'installer directement sur les sites des fabricants et des transformateurs ».

400 kg de déchets traités en 4 heures

Ce modèle de smart factory donne naissance à Polyloop en juin 2019. La start-up drômoise, portée par Romain Ferrari et Gabriel Faysse, projette d'intégrer le recyclage dans les processus industriels grâce à un équipement déployé dans un container et fonctionnant en circuit fermé. Chaque cycle de 4 heures permettra de traiter 400 kg de déchets et d'obtenir une matière première recyclée de qualité et prête à l'emploi. Le producteur ou transformateur recyclera ainsi ses propres déchets et réutilisera la matière sur ses propres lignes, dans une logique d'économie circulaire. Une unité de recyclage devrait représenter un investissement de l'ordre de 2,8 M€.

Cette solution de régénération de matière sans dépolymérisation sera testée à l'échelle laboratoire cette année, puis à celle de pilote technologique en 2021. « La première unité livrable fin 2022 sera installée chez Serge Ferrari », annonce Romain Ferrari. D'autres entreprises, dans les secteurs du revêtement et de la toiture notamment, ont montré des marques d'intérêt. « L'argument "matière recyclée" est de plus en plus important dans une stratégie marketing », constate le co-fondateur de Polyloop. La start-up espère vendre trois modules en 2023 et cinq en 2024. Un système de location avec l'appui de partenaires pourrait être envisagé. Romain Ferrari imagine même créer un réseau de petites unités spécialisées pour mailler le territoire…

Un financement de l'Ademe

Polyloop a été retenue par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie dans le cadre de son Programme investissements d'avenir et de l'appel à projets « Économie circulaire et valorisation des déchets », dont l'objectif est de soutenir des initiatives mettant en œuvre l'économie des ressources et la réduction d'impact sur l'environnement, mais aussi d'encourager une transition vers une économie circulaire.

La start-up va ainsi bénéficier d'un soutien financier de 2 737 825 € pour développer une unité de recyclage « Plug & Play ». L'investissement pour mettre sur le marché le premier module avoisine 6 M€. Pour relever ce défi, Polyloop s'est entouré d'un consortium de partenaires régionaux : Serge Ferrari est le premier client, MTB Recycling est le partenaire en charge de l'intégration de la technologie en container et le laboratoire Cethil, au sein de l'Insa Lyon, mène des travaux de R&D du module de conversion d'énergie à haute efficacité.




Séverine RENARD
Journaliste

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