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Pour Eric Zemmour, des robots agricoles plutôt que de la main d'œuvre étrangère

Le candidat Eric Zemmour souhaite financer l'innovation en robotique agricole pour réduire la dépendance à la main d'œuvre étrangère du secteur.
Pour Eric Zemmour, des robots agricoles plutôt que de la main d'œuvre étrangère
©Facebook Éric Zemmour

Actualités Publié le , David Duvernay, Simon Alves et Caroline Thermoz-Liaudy

C'est une mesure qui a, depuis début mars, mystérieusement disparu des plaquettes de programme du candidat de Reconquête… ou presque. Initialement proposé par Eric Zemmour pour "réduire la dépendance à la main d'œuvre étrangère", le financement de l'innovation robotique en agriculture est désormais entièrement dédié à la réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires.

60 000 postes de saisonniers à pourvoir en France selon la FNSEA

Mais la première thématique, relative aux questions d'immigration, demeure centrale dans le programme de l'ancien journaliste et chroniqueur. "Le problème, ce sont les travailleurs détachés qui viennent en France avec les conditions et les contrats de travail de leur pays d'origine, explique Jérémy Thien, conseiller régional LR et soutien d'Eric Zemmour dans le Rhône. Personne ne veut de notre modèle qui coûte trop cher, donc on a du dumping social au sein de l'Europe, ce qui est déjà une aberration."

Cet appel à des travailleurs venus de l'étranger de la part des agriculteurs français répond à une véritable situation de pénurie pour le secteur. En septembre 2021, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) estimait que 60 000 postes de saisonniers étaient à pourvoir en France. La faute à la difficulté de ces métiers à se rendre attractifs, tant sur le plan des conditions que de la rémunération pour les demandeurs d'emploi locaux.

Confort et attractivité

De là à imaginer que les robots puissent être la solution ? "Je suis très favorable à la robotique, assure Jérémy Thien. Je ne crois pas, comme les écologistes, qu'il faut envoyer tout le monde à la pioche. Il faut donner de la vivabilité et de la viabilité aux exploitations. Il y a déjà eu des progrès de faits mais l'État doit accompagner la transition vers une agriculture performante."

A l’occasion de la présentation du livre blanc de l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) et de l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), qui promeut le développement de l’agriculture numérique dont une partie repose sur la robotisation, Véronique Bellon-Maurel, cheffe-adjointe du département MathNum d’Inrae et directrice de l’Institut convergences agriculture numérique était interrogée sur la proposition d’Eric Zemmour.

Si dans sa réponse, elle ne s’exprime pas sur la question de la main d’œuvre étrangère, elle se prononce en tout cas en faveur de ces méthodes. "On n’a pas attendu monsieur Zemmour pour se poser la question de l’emploi. La robotique existe déjà beaucoup en France avec les robots de traite, qui représentent une installation sur deux. Nous voyons les robots comme des systèmes qui vont permettre de conserver une agriculture en France. La robotique, par rapport à l’emploi, a pour vocation de réduire les tâches à faible valeur ajoutée, pour avoir du temps de travail choisi et le réallouer à d’autres tâches."

Une solution… mais d'autres problématiques

Dans la réalité des exploitations, il existe encore un "fossé entre ce qui se dit et ce qui se fait". Ce sont en tout cas les mots de Frédéric Riche, exploitant agricole à Lucenay et président des maraîchers du Rhône. "Ces dernières années, on voit qu'avec l'arrêt de certaines molécules on utilise de plus en plus de robots autonomes pour le désherbage, témoigne-t-il. Ils sont de plus en plus sophistiqués. Mais ce n'est pas encore assez fiable pour se substituer à la main d'œuvre."

Elles nécessitent parfois plus de passages, donc plus de temps et également de carburant. "Cela réclame aussi plus de spécialisation technique de la part des agriculteurs ou coûte plus d'argent pour les réparations", ajoute le maraîcher aux 50 ha de surface agricole. S'il n'a pas lui-même robotisé outre-mesure son activité, Frédéric Riche affirme commencer à s'équiper pour rester "compétitif". Dans le cadre du plan 2030, le gouvernement actuel prévoit en tout cas le déblocage de 2,3 Md€ pour soutenir l'innovation robotique.

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