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Présidentielles : les Travaux publics interpellent les candidats

« Réinvestissons la France ». C'est autour de ce slogan que près de 4 000 représentants de la filière des travaux publics se sont retrouvés à Paris le 23 février. À deux mois de la présidentielle, l'objectif était d'interpeller les candidats sur l'utilité d'investir dans les infrastructures.
Présidentielles : les Travaux publics interpellent les candidats
© F. Delmonte - Bruno Cavagné, président de la FNTP, entend sensibiliser les candidats sur les travaux publics

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L’espace de quelques heures, le Carrousel du Louvre, à Paris, s’est transformé en vitrine de la filière des travaux publics. Cette dernière, qui représente 245 000 salariés en France pour 7 500 entreprises et 64,9 Md€ de chiffres d’affaires, organisait le forum « Réinvestissons la France », où un peu moins de 4 000 chefs d’entreprise, étudiants de la filière TP et élus ont participé. Ils étaient surtout venus pour le débat organisé entre Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), et les principaux candidats à l’élection présidentielle. À la tribune et à tour de rôle, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et, en vidéo, Benoît Hamon se sont exprimés sur des sujets touchant directement la filière : dotations aux collectivités, propositions en faveur de nouvelles infrastructures et compte pénibilité.
« C’est la première fois que nous organisons un tel événement avec les candidats à la présidentielle », reconnaît Bruno Cavagné. Le patron de la FNTP tenait à interroger ces hommes et femme politiques sur « l’utilité d’investir dans les infrastructures lors du prochain quinquennat ». Car, pour les TP, les temps sont incertains. Le redémarrage de l’activité reste « timide » en France, après huit années de crise grave. Pénalisé par sa « forte dépendance envers la commande publique dans un contexte de restriction budgétaire et de crise financière », le secteur a détruit 30 000 emplois et perdu 1/5e de son chiffre d’affaires (Source FNTP). Si l’Etat ne représente que 3 % de la clientèle des TP, « il demeure l’un des principaux leviers pour les projets d’infrastructures », notamment via les dotations aux collectivités locales. Les communes représentent pour leur part 40,5 % de l’activité des TP. Malheureusement, leurs investissements sont à la baisse…

Douze propositions

Autant de raisons qui ont poussé la fédération nationale à « faire de la pédagogie » auprès des candidats. Pour préparer ce forum, la FNTP est allée à la rencontre des équipes de campagne des politiques en portant un message clair : la France n’entretient plus suffisamment ses infrastructures et ne porte plus de politique ambitieuse de grands travaux. Un chiffre a été avancé : « il faudrait 50 Md€ d’investissement par an dans les infrastructures de réseaux d’ici 2020 », selon un rapport du Medef. Autres chiffres entendus lors du forum : sur les routes, les embouteillages coûteraient 17 Md€ par an à la France et un litre d’eau potable, sur cinq, serait perdu dans les fuites…
Pour rappeler aux candidats que la France a besoin d’infrastructures de transports en commun modernes ou encore de réseaux d’eau de bonne qualité, la FNTP a rédigé douze propositions « pour une politique d’infrastructures et d’attractivité des territoires ». Consultables sur le site de la FNTP, elles ont pour objectif de créer « une véritable gouvernance des infrastructures ». Un millier de chantiers prioritaires ont également été ciblés. À la fin de leur intervention, Bruno Cavagné a invité les candidats à signer une charte d’engagements. Reste maintenant à savoir qui sera élu et si les promesses faites lors du forum seront tenues.

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