AccueilActualitésPrévention des risques : "Dans le BTP, chaque acteur a sa part de responsabilité"

Prévention des risques : "Dans le BTP, chaque acteur a sa part de responsabilité"

L'année 2021 marque le début du 4e PRST (Plan régional action travail), qui s'étale jusqu'en 2025. Nathalie Blanc, responsable adjointe du département Santé et sécurité au travail à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) coordonne sa mise en oeuvre au niveau d'Auvergne Rhône-Alpes. Interview.
Prévention des risques :

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Qu'est-ce que le PRST ?

"Le PRST (Plan régional santé travail) est une programmation pluriannuelle d'actions sur la prévention des risques professionnels. Il s'agit de décliner, au niveau de la région Auvergne Rhône-Alpes, les problématiques définies au niveau national. Le PRST 3 s'est déroulé de 2016 à 2020. Trois axes ont été développés : favoriser la culture de prévention des risques au travail, favoriser la qualité de vie au travail et renforcer le dialogue social et les connaissances.

Le PRST est mis en œuvre grâce à un partenariat très large, afin d'être le plus efficace possible. Par exemple, dans le secteur du BTP, au-delà des partenaires classiques comme la médecine du travail, la Carsat ou les organisations professionnelles et syndicales, nous avons intégré l'Ordre des architectes, qui travaille avec les donneurs d'ordre, ou encore les CFA (centre de formation des apprentis), afin d'améliorer l'accueil des stagiaires et d'inculquer aux jeunes les bons gestes, la culture de la prévention des risques.

Des groupes de travail définissent des objectifs et les moyens de les atteindre. Une vingtaine de fiches actions listent une série d'actions auprès de différentes cibles sur des thématiques spécifiques. Nous pouvons mener des missions d'information ou de sensibilisation, ou construire des outils. Nous avons aussi organisé des conférences pour favoriser une meilleure compréhension entre chaque corps de métier.

Pour le risque de chute notamment, nous souhaitons sensibiliser les professionnels à l'intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception d'un projet. Par exemple, inciter les architectes à la mise en place d' un garde-corps sur une toiture terrasse permet de réduire les risques de chute des ouvriers du BTP. Sur le sujet de l'amiante, nous menons des missions d'information auprès des donneurs d'ordre, mais aussi des entreprises ou de la médecine du travail. Chacun a sa responsabilité. Dans le BTP, un seul acteur ne peut pas tout !"

© DR / Nathalie Blanc, de la DREETS, coordonne la mise en oeuvre du PRST au niveau d'Auvergne Rhône-Alpes.

"Le décloisonnement entre santé publique et santé au travail, un sujet majeur"

Aujourd'hui, le PRST 4 est en cours de construction. Qu'apporte-t-il de nouveau ?

"Au niveau du BTP, le PRST 4 continue de proposer des actions sur les thématiques classiques et spécifiques à ce secteur comme les chutes de hauteur, les TMS (troubles musculo-squelettiques) ou l'amiante. Nous travaillons aussi sur la culture de la prévention des risques, la qualité de vie au travail et la prévention de la désinsertion professionnelle, liée au phénomène d'usure des travailleurs dans certains métiers.

Le décloisonnement entre santé publique et santé au travail est également un sujet majeur. Par exemple, lorsqu'un travailleur souffre d'une maladie chronique évolutive, il s'agit de réfléchir à la façon dont il peut continuer à travailler tout en suivant son traitement. Nous nous penchons aussi sur une approche genrée des risques professionnels, ainsi que sur les risques émergents. Les risques de pandémie, bien sûr, mais aussi la prise en compte des changements environnementaux dans les conditions de travail."

Comment évaluez-vous les actions préconisées dans le PRST ?

"Dans chacune des fiches actions, nous prévoyons des indicateurs permettant d'évaluer la réalisation de chaque action, sa diffusion ou encore la façon dont nous avons touché la cible initiale. Par exemple, lorsque nous organisons des conférences, nous mettons en place un questionnaire de satisfaction visant à mesurer la prise en compte des messages que nous avons voulu faire passer.

L'évaluation est un point que nous souhaitons continuer à travailler dans le PRST 4 par rapport au PRST 3, ainsi que les modalités de communication. La grande difficulté, c'est qu'il nous est impossible d'aller interroger chaque entreprise. De plus, nous sommes sur des temporalités longues. C'est le cas, par exemple, des accidents du travail : on ne peut voir qu'à long terme si telle action a une incidence réelle sur ce fléau. Mais on peut au moins vérifier si l'on a bien fait passer le message !"

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