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Quand le Bâtiment va mieux…

La reprise de l'activité dans le secteur du BTP se confirme en 2018. Mais les difficultés de recrutement conduisent les entreprises à s'interroger sur l'évolution de leur filière…
Quand le Bâtiment va mieux…
© Agnès Giraud-Passot - Philippe Hilarion et Gilles Courteix avec les intervenantes de la CERC

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Après une hausse du chiffre d'affaires en 2017, la croissance dans le Bâtiment devrait se poursuivre en 2018, à un rythme assez modéré toutefois. Toutes les régions de France devraient conserver une évolution favorable de leur volume d'activités, Auvergne-Rhône-Alpes arrivant en 8e position, loin derrière les Pays-de-la-Loire, l'Île-de-France et la Bretagne. Les disparités selon les territoires restent néanmoins marquées avec une forte activité dans le logement neuf en Haute-Savoie et en Ardèche.

Avec 56 621 logements neufs mis en chantier au cours des douze derniers mois, la construction connaît une nouvelle hausse sur la quasi-totalité des départements, à l'exception du Cantal et du Rhône. Le bâti non résidentiel garde également un rythme soutenu sur la région avec, en tête, le Rhône et la Drôme.

L'activité d'entretien et de rénovation se porte elle aussi au mieux, avec une progression de 1,1 % sur la région en un an. Les perspectives d'activité pour le 2e trimestre 2018 semblent encourageantes, plus du tiers des entreprises envisageant une hausse de ce côté-là. La filière construction est confiante et garantit une prévision de quinze semaines de travail au travers de ses carnets de commande. Cependant, la majorité des entreprises déclare être limitée dans ses capacités de production au 1er trimestre 2018. Les principaux freins rencontrés concernent les conditions climatiques et l'insuffisance de personnel, et non plus l'insuffisance de la demande. En effet, si plus de 20 000 embauches sont à pourvoir dans le domaine du BTP, 65 % des recrutements sont jugés difficiles. « Plus on recherche des personnes qualifiées, plus c'est compliqué à trouver. Nous faisons face à un vrai problème d'adéquation entre l'offre et la demande, par rapport aux compétences attendues », souligne Gilles Courteix, président de la CERC Auvergne-Rhône-Alpes. En 2017, 1 575 demandeurs d'emploi ont suivi une formation en construction sur la région, un chiffre bien inférieur aux besoins. Philippe Hilarion, directeur territorial du Rhône de Pôle Emploi Auvergne-Rhône-Alpes, explique principalement cette carence par un manque de volonté de se former sur ces métiers. Pierre Berger, président de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes, confirme : « On s'est battus pendant les années difficiles pour sauver nos emplois et on a abandonné l'effort de formation. Nos métiers n'attirent pas, nous devons chercher à séduire, et pas seulement les jeunes ». Les salaires sont plutôt bons et les conditions de travail s'améliorent. Certes, la concurrence du marché et la visibilité réduite du travail peuvent parfois inciter les entreprises à la prudence. Elles vont néanmoins devoir évoluer et gérer leur main d'œuvre différemment pour assurer leur avenir.

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