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Reda Mimoune, l'ingénieur devenu charpentier

le - - Isère

Reda Mimoune, l'ingénieur devenu charpentier
© Bruno Fournier - Reda Mimoune, un reconverti qui ne regrette pas son choix

Reconversion réussie pour Reda Mimoune, ancien ingénieur en micro-électronique ayant tout plaqué il y a près de dix ans pour se former dans la charpente ! Un changement professionnel radical qui lui permet aujourd'hui de vivre et travailler au rythme de la nature et d'apprécier les résultats concrets de son travail.

Natif d'Alger, Reda Mimoune arrive en France très jeune et passe son enfance en région parisienne. Entre une mère ayant entrepris des études de médecine et un père cadre d'entreprise, ce bon élève « curieux, lisant beaucoup » développe le goût d'apprendre et une certaine faculté d'assimilation... C'est ainsi qu'après Math Sup et un IUT, il intègre l'INPG, école d'ingénieur en micro-électronique à Grenoble. Ville où il restera pour entamer son parcours professionnel chez STM, grosse société de services, de 1998 à 2009.

En dépit d'excellents moyens de travail et de rencontres internationales intéressantes, le constat est sans appel : « j'avais fait le tour des multinationales et je n'avais pas envie de finir devant un écran ». L'homme profite alors d'un plan de départs pour se diriger vers une société de services plus modeste, avec le souhait de se tester au sein d'une petite structure. « Expérience à l'appui, je me suis rendu compte que ce n'était pas forcément une question de taille d'entreprise. Dans l'informatique, matériels et projets changent tous les 18 mois... J'avais besoin de m'inscrire dans le temps ».

C'est vers le bois qu'il choisit de se diriger. Dans le cadre d'un projet d'auto-construction, il débute un stage au centre de formation Le Gabion, dans les Hautes-Alpes, où il découvre la charpente. « Un métier très technique, rejoignant les compétences de l'ingénieur… Le déclic qui m'a décidé à emprunter cette voie ».

Cabestan, un esprit coopératif et des métiers complémentaires

Cette reconversion professionnelle, il l'entame pleinement au passage de la quarantaine, en 2012. L'ex-ingénieur passe un CAP de charpentier-bois avec le Greta de Grenoble, sous-traitant avec la fédération compagnonnique. « Une formation super solide en dessin notamment, un passeport pour la profession ». S'ensuivent des intérims et des CDD qui forgent son expérience, bien que l'idée soit, à terme, de créer sa propre activité. « Je regardais les différents statuts possibles... J'ai alors décidé de rejoindre Cabestan, coopérative du bâtiment en Rhône-Alpes, afin de m'assurer un portage ».

Une solution qui « casse l'isolement de l'artisanat » et qui développe, en plus, une véritable philosophie de l'éco-construction. En 2016, Reda Mimoune est devenu un entrepreneur salarié pouvant se concentrer sur son métier tout en participant, en tant que sociétaire, aux grandes orientations de la Scop.

Désormais installé à La Terrasse, commune du Grésivaudan localisée entre Grenoble et Chambéry, il travaille en Isère mais également en Savoie, en lien avec un collègue. Le plus souvent il travaille seul, mais peut prendre un intérim ou faire intervenir d'autres corps de métiers en cas de gros chantier, toutes les professions étant représentées au sein de Cabestan. « L'avantage de permettre des chantiers complets ! », explique le reconverti, qui n'hésite pas à suivre toujours plus de formations avec le Greta.

« Durer face aux risques du métier »

Aujourd'hui, à 48 ans, il n'a aucun regret et s'avoue « plus posé, notamment sur le plan des relations clients ». Bien sûr, il n'y a pas que des avantages. « Il faut mettre de côté les revenus, tout du moins au démarrage, même si au fil du temps on gagne en productivité ». En choisissant un métier plus physique, il s'agit également de « se ménager et de travailler en prudence pour durer face aux risques du métier ».

Globalement, le choix qu'il a fait correspond à ses attentes. « On retrouve des rythmes naturels loin d'un bureau climatisé... On a une grande liberté de la gestion de son temps ». Et puis il est appréciable de constater le résultat de son travail. « Je regoûte au plaisir de pouvoir m'asseoir sur un toit, en compagnie des oiseaux et des insectes. On prend de la hauteur ».




Bruno FOURNIER
Journaliste

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