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Retenues sèches : Francheville fait barrage

La concertation autour des projets de barrages secs de Francheville et Tassin-la-Demi-Lune s'est achevée fin 2016. S'il ne s'agissait pas de se prononcer sur leur bien-fondé, les nombreux opposants l'ont utilisée comme tribune.
Retenues sèches : Francheville fait barrage
© Sagyrc - Le projet de barrage sec à Francheville

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« La crue du 22 novembre dernier est venue rappeler que les débordements de l’Yzeron sont soudains et extrêmement violents… S’il avait plu une heure de plus au moment du pic, les aménagements réalisés en aval n’auraient pu contenir les eaux ». Alain Badoil rappelle les enjeux des travaux d’envergure, d’un coût total de 44 M€, entrepris par le Sagyrc (Syndicat intercommunal du bassin de l’Yzeron) : protéger les populations en aval de l’Yzeron, résidant essentiellement à Sainte-Foy-lès-Lyon et Oullins.
L’aménagement de la rivière (élargissement, réhabilitation des berges), réalisé à Oullins de 2014 à 2016, se poursuit cette année à Sainte-Foy-lès-Lyon. À partir de 2018-2019, ce sera le tour de Francheville et Tassin-la-Demi-Lune. Objet de concertations de mars à décembre dernier, ce second volet concerne la construction de deux barrages secs visant à protéger les populations contre une crue centennale, selon les préconisations de l’État et de l’Union européenne.
Trois réunions publiques ont été organisées à Francheville, Tassin-la-Demi-Lune et Sainte-Foy-lès-Lyon, et 170 contributions écrites ont été recueillies, dont 60 % favorables à la réalisation des barrages. Ces dernières proviennent principalement de Sainte-Foy et d’Oullins, les plus impactées par les inondations… mais pas par la construction des barrages. En revanche, et sans surprise, les opposants sont majoritaires à Francheville, à commencer par le maire Michel Rantonnet. Il faut dire que l’ouvrage prévu sur la commune est d’envergure avec ses 23 m de haut, contrairement à celui de Tassin, plus petit (10 m de haut) et situé sur une propriété privée inaccessible au grand public, qui ne fait presque l’objet d’aucune opposition.

Des alternatives repoussées

Si la concertation portait officiellement sur l’insertion paysagère et environnementale des ouvrages, ainsi que sur les modalités de la phase de travaux, les associations, élus et particuliers opposés au projet ont ramené le débat sur l’opportunité de construire ces retenues sèches. Entre autres doléances, ils mettent en avant les impacts environnementaux, un coût considéré comme prohibitif et la possibilité d’exploiter des alternatives, comme la construction de plusieurs petits barrages en amont. « Une solution (8 petits barrages) déjà étudiée et écartée », rétorque le Sagyrc, les impacts environnementaux étant multipliés et le coût, deux fois supérieur à la solution retenue (9,2 M€ pour le barrage de Francheville). Le syndicat a également présenté un projet détaillé d’intégration du barrage de Francheville dans le paysage et l’environnement, annonçant même « une amélioration de la biodiversité ».
Lors de son dernier conseil syndical du 15 février, le Sagyrc a voté (à 90 % des communes) la poursuite des projets de barrages. Les instructions règlementaires vont être menée en vue de l’enquête publique programmée pour fin 2018. Les travaux pourraient débuter en 2020-2021.

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