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Samuel Minot (BTP Rhône et Métropole) : « Avril sera le temps des chantiers test » 

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Samuel Minot (BTP Rhône et Métropole) : « Avril sera le temps des chantiers test » 
© BTP Rhône et Métropole

Le président de BTP Rhône et Métropole se réjouit de la parution du guide de préconisations du BTP, qui va permettre à la filière de reprendre progressivement. Même si, de son propre aveu, il s'avère encore impossible de prédire l'avenir à court terme.

Le guide de préconisations de sécurité sanitaire du BTP est enfin paru. Qu'en pensez-vous ?

Ce guide des bonnes pratiques arrive au bon moment, car on était tous dans l'attente de savoir comment adapter les mesures sanitaires sur nos chantiers. On sait enfin ce qu'on attend de nous. Maintenant la difficulté des chefs d'entreprise est de savoir comment adapter ce guide en fonction des chantiers et en fonction des types d'activité par entreprise.

Il va falloir instaurer une pédagogie avec les salariés, idéalement avec les instances représentatives du personnel, se mettre d'accord sur les règles à appliquer dans l'entreprise et, surtout, identifier si l'entreprise a le matériel pour pouvoir équiper son personnel. L'autre enjeu sera la productivité sur les chantiers. Sur les petits chantiers, on n'aura peut-être pas trop de problèmes de co-activité, mais sur les gros chantiers ce sera une vraie problématique... Adapter les bases vie, imposer le nettoyage tous les jours, augmenter les capacités des salles d'accueil, réfectoires, sanitaires... Je pense que les petits chantiers auront plus de facilité à reprendre ; pour les gros, ce sera plus compliqué.

Toutes ces mesures vont entraîner des surcoûts. Qui va payer ?

En effet, tout cela a un coût... Il va falloir mener sur tous les chantiers des négociations avec les maîtres d'ouvrage pour identifier qui porte le surcoût de ces protections sanitaires supplémentaires.

Est-ce que les entreprises vont pouvoir se remettre au travail ?

Oui, mais pas toutes et très progressivement. Il y aura une phase de préparation très importante et puis, il reste un certain nombre d'inconnues : est-ce que les salariés seront là ? Les maîtres d'ouvrage vont-ils donner l'ordre de reprise de leur chantier ? Les particuliers vont-ils accepter la présence de nos compagnons ? La filière amont matériaux va-t-elle pouvoir fournir ?

Dans quel état sont-elles ?

La première urgence des entreprises, après avoir arrêté leurs chantiers, a d'abord été d'assurer leur trésorerie. Notamment pour pouvoir verser les salaires. Même si nous avons eu droit à l'activité partielle, les salaires, c'est l'entreprise qui les avance. On a demandé explicitement que la solidarité de la chaîne économique soit maintenue, que les fournisseurs et les sous-traitants soient payés, parce qu'on est tous les fournisseurs de quelqu'un et, quand on arrête la chaîne de règlement, tout s'écroule... Toutes les entreprises ont mis en place un arsenal que l'État nous a mis à disposition, comme décaler ou suspendre les règlements Urssaf, échéances fiscales, bancaires…

Maintenant, il faut préparer la reprise. Certains ont déjà repris et, globalement, il faut qu'on adapte toutes nos règles de sécurité sanitaire pour pouvoir progressivement relancer nos chantiers.

Vous êtes président d'une fédération dont les adhérents sont confrontés chaque jour à des montagnes de difficultés, outre la gestion humaine face au virus : trésorerie, endettement, chantiers arrêtés et, dernièrement, inquiétudes sur les permis de construire. Comment les aider ?

Nous avons mis une boîte à outils à la disposition de nos adhérents - et des non-adhérents d'ailleurs - pour règler tous ces sujets sociaux, fiscaux, bancaires, droits des contrats, etc. Les sujets sont extrêmement nombreux. Sujet par sujet, on doit répondre à toutes leurs questions. Alors que BTP Rhône et Métropole est confiné, nous avons réussi, en télétravail, à maintenir une quinzaine de collaborateurs en activité pour apporter des réponses pratico-pratiques à tous, sous forme de fiches mais aussi en assistance téléphonique. Nous avons également fait tout un travail de sourcing pour trouver du gel, des masques etc. Nous sommes en mesure de proposer des prestataires. La difficulté pour nous est que ça change tous les jours, le social notamment : on doit suivre les décrets et les ordonnances au fil de l'actualité et des dispositifs.

Comment voyez-vous les jours à venir ?

A peu près 85 % de l'activité BTP est à l'arrêt. Le mois d'avril, ce sera le temps des chantiers tests. On va, je pense, commencer à voir repartir des gros chantiers la semaine prochaine, toute la filière doit se remettre en route. La reprise sera progressive, je le répète. Faire reprendre toute une filière, ce n'est pas si simple que ça. D'autant que la période va être douloureuse en termes d'exploitation. Même si l'État a beaucoup fait pour nos trésoreries. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. On fait au fil de l'eau. Il faut rester dans l'action, pragmatiques, s'adapter.




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