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Santé au travail : "Faire passer les messages de prévention auprès des entreprises et des salariés"

Béatrice Pingault est directrice de BTP Santé au travail pour l'Isère et le Rhône, une association loi 1901, créé en 1941. Entretien.
Santé au travail : "Faire passer les messages de prévention auprès des entreprises et des salariés"

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Quelles sont les principales missions de BTP Santé au travail ?

Nous devons préserver la santé de tous les salariés du BTP dans le Rhône et l’Isère. Cela passe par des visites avec des médecins et des infirmiers en santé au travail. Deuxième pilier de notre action, la prévention en entreprises, et aussi des conseils et accompagnements des employeurs. Enfin, un axe de traçabilité des expositions et veille sanitaire des salariés aux différents risques de notre branche.

BTP santé au travail : "Le plus compliqué, faire passer nos messages auprès de tous les salariés"

Comment fonctionnez-vous avec les entreprises de la branche en termes de prévention ?

Les chefs d’entreprises peuvent nous solliciter directement. Nous mobilisons des médecins, infirmiers, ergonomes… Par exemple, pour une prévention contre le bruit, nous allons réaliser une métrologie à côté du salarié pour lui montrer la mesure à laquelle il est exposé, et inciter aux mesures de protection comme le port de bouchons d’oreilles. Nous avons beaucoup de messages différents de prévention. Le plus compliqué est de parvenir à les faire passer auprès des salariés. Dans l’autre sens, cela peut venir d’un médecin du travail qui va proposer une thématique, une visite de chantier avec conseils de prévention auprès de l’employeur. Les visites peuvent s’effectuer pour prévenir les risques pour un salarié ou pour une approche plus collective.

Quelles sont les thématiques souvent développées ?

Le bruit, les chutes de hauteur, les troubles musculosquelettiques (TMS) avec des conseils sur les postures… Et bien sûr les messages portent également sur les addictions, alcool et drogues. En matière d’addictions, si nous détectons un problème, nous passons la main, nous n’avons pas vocation à assurer le soin, mais nous sensibilisons les salariés pour être pris en charge et dirigeons les personnes vers les professionnels de santé compétents

Nous comptons 32 médecins du travail, une vingtaine d’infirmiers, une dizaine de préventeurs et 38 secrétaires, répartis sur 15 sites"

Comment s’articule le travail des équipes ?

Nous avons des équipes pluridisciplinaires en santé au travail, coordonnées par les médecins du travail, avec des infirmiers, des préventeurs… Ce sont des intervenants en prévention. On va retrouver avec eux des psychologues, des ergonomes… Le tout en lien avec des assistantes sociales du BTP, qui interviennent sur sollicitation du médecin du travail, en fonction de la visite médicale, afin d’assurer une prise en charge sociale (aide à la reconnaissance de travailleur handicapé par exemple).

Qui sont les préventeurs ?

Cela peut être un technicien en prévention des risques professionnels ou encore un ergonome qui peut aller regarder un salarié travailler sur son poste de travail ou son chantier, établir une étude de poste en fonction de ses observations, pour peut-être, apporter des modifications pour prévenir d’éventuels risques.

A combien se montent vos effectifs en ce moment ?

Nous comptons 32 médecins du travail, une vingtaine d’infirmiers, une dizaine de préventeurs, 38 secrétaires, répartis sur 15 sites de visites sur les deux départements. Les centres sont souvent implantés à proximité de territoires où sont localisées beaucoup entreprises du BTP, souvent en périphérie des villes importantes.

BTP santé au travail suit "87 000 salariés et 9 200 entreprises adhérentes"

Quelle est la typologie de vos entreprises adhérentes ?

Nous suivons un peu plus de 87 000 salariés sur notre territoire, et nous avons presque 9 200 entreprises adhérentes, sur l’ensemble des deux départements Sur la typologie, 80 % ont moins de 10 salariés, mais une majorité des salariés suivis est issue d’entreprises de plus de 10. Nous comptons 10 entreprises de plus de 300 salariés, y compris des grands groupes et leurs filiales.

Comment s’articule la prévention avec l’OPPBTP, comment éviter les doublons ?

Il n’y a pas de doublons, nous sommes complémentaires, car nous traitons le volet santé, que nous sommes seuls à traiter. Nous avons les mêmes adhérents, les mêmes objectifs de faire passer les messages de prévention, mais notre porte d’entrée, c’est très souvent le suivi santé travail individuel du salarié. En fonction de cela, nous allons accompagner le salarié, s’il est diabétique par exemple, ou tout autre problème médical… Nous sommes complémentaires et partenaires avec l’OPPBTP sur des opérations que nous menons ensemble comme prochainement la prévention du risque routier.

Aujourd’hui, nous avons à peu près 50 % des salariés qui bénéficient d’un suivi renforcé"

Est-ce qu’il y a des risques plus délicats que d’autres, comme le travail en environnement d’amiante ou chimique ?

La thématique de l’amiante est toujours présente bien-sûr mais nous suivons aussi les salariés BTP en environnement ionisant, comme en centrales nucléaires. Nous avons les habilitations nécessaires.

Quelle est la différence d’approche en prévention pour vous entre les petites et les grosses entreprises ?

Les messages sont évidemment les mêmes, mais ce sera plus direct avec une petite entreprise. Dans une grande, nous aurons souvent un relais intermédiaire qui nous aidera à faire passer les messages de prévention. Dans les deux cas, il faut maintenir le cap, et multiplier les canaux pour faire passer l’intérêt de la démarche.

Et avec les syndicats professionnels, comment travaillez-vous à la prévention ?

Les grandes organisations syndicales siègent dans notre conseil d’administration paritaires employeurs/salariés. Ce conseil nous donne les grandes lignes de notre action. Les organisations peuvent être directement à l’initiative d’une action de prévention, ou nous pouvons aussi être pro actifs de notre côté.

Les salariés du BTP semblent être plus suivis en santé au travail que la moyenne générale des salariés, est-ce une réalité ?

La règle de base c’est une visite médicale tous les cinq ans, mais au vu des catégories de salariés concernées, il y a un souvent un suivi plus rapproché. Le médecin peut demander à voir un salarié plus souvent. La loi parle aujourd’hui d’un « suivi adapté » en fonction de la situation personnelle du salarié et de son poste de travail. Aujourd’hui, nous avons à peu près 50 % des salariés qui bénéficient d’un suivi renforcé. La tendance est de laisser au professionnel de santé toute latitude pour adapter le suivi. La loi va dans ce sens, et la règlementation a beaucoup évolué ces dernières années, et encore récemment en faveur de la prévention. D’ailleurs, nous sommes devenus, depuis le 31 mars 2022, un SPSTIPSTI du BTP (service de prévention au travail interentreprise).

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