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Sensibiliser les jeunes à l'architecture

Tel est l'objectif de la résidence portée par l'Ensag dans les collèges de Montmélian et La Rochette, qui a missionné une équipe de trois architectes marseillais invitant les élèves à devenir experts de leurs territoires.
Sensibiliser les jeunes à l'architecture
© Bruno Fournier

Savoie Publié le ,

Il s'agit d'un dispositif culturel et pédagogique mis en place par l'École nationale supérieure d'architecture de Grenoble (Ensag), sur commande des ministères de la Culture (Drac Auvergne-Rhône-Alpes) et de l'Éducation nationale (délégation académique aux arts et à la culture). Une résidence d'architecte pour laquelle ont été choisis deux collèges savoyards, ceux de Montmélian et de La Rochette, appartenant à la communauté de communes « Cœur de Savoie ». L'année précédente, ils avaient déjà expérimenté les résidences d'artistes avec l'aide du conseil départemental, et ils ont su à nouveau mobiliser élèves et enseignants sur le projet.

Pour l'Ensag, qui avait déjà piloté une résidence de ce type dans un collège isérois, « ce travail en amont avec les équipes enseignantes est primordial », comme le souligne sa chargée de mission Marianne Veillerot. Celles des deux établissements savoyards ont ainsi mis en avant l'importance du « CO » (co-produire, coopérer, co-animer, collectif), contribuant au « parcours d'éducation artistique et culturelle » dans lequel l'institution scolaire inscrit chaque élève, expérimentant aussi de nouvelles pédagogies mélangeant différents niveaux d'études (de la 6e à la 3e), hors du schéma habituel de la classe.

Côté résidence, parmi les 25 candidatures ayant répondu à l'appel d'offres national, cinq ont été retenues sur dossier, avant d'être auditionnées par un jury composé de membres de l'Ensag, des établissements et du Département. C'est une équipe marseillaise, composée des architectes Pascal Deletage, Samya Pelloquin et Alexandre Piton (âgés respectivement de 38, 28 et 33 ans), qui a été sélectionnée. Elle a su convaincre par « ses capacités à occuper de manière collective les espaces de vie et de travail des collèges et à mobiliser des outils pédagogiques innovants et adaptés ».

Sa proposition ? « Scénariser sa présence, afin de nouer le pacte pédagogique ». L'acte fondateur consiste à tracer au sol l'espace commun d'un « bureau de campagne », pour y établir une permanence architecturale au cœur même des espaces communs dénommés MoRoCo (pour Montmélian La Rochette Collectifs). Ils partagent (de février à avril) leurs activités, projets, rencontres et leur temps libre avec les occupants habituels des établissements. Les élèves sont, au fil du temps, associés de la façon la plus immersive et responsabilisante à une succession d'ateliers pour « appréhender l'espace et la matière ». Avec leurs guides, ils sont invités à devenir experts de leurs territoires et à en dresser le portrait sur « le mur collaboratif ». Des élèves-chercheurs et architectes-curieux qui alimentent « la matériauthèque » constituée de matériaux glanés sur le territoire, des architectes prescripteurs et élèves-constructeurs amenés à « réfléchir aux enjeux de la construction vertueuse » : avec quelle matière ? Où ? Pour qui ?

Dans les deux collèges, plusieurs lieux de mise en commun sont le théâtre de ces expérimentations qui seront présentées au public sous forme de visites guidées lors de deux temps forts (le 6 avril à La Rochette et le 12 à Montmélian).

Pour l'Ensag, ce type de résidences participe, bien sûr, à l'ensemble des actions effectuées pour sensibiliser les jeunes publics à l'architecture, « permettant d'aborder des thématiques transversales comme la transition énergétique, l'urbanisme et l'évolution de nos villes et paysages », selon Marianne Veillerot. Tout ce qui participe à la qualité (ou non) de notre cadre de vie.

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