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Stéphane Labrosse : « On n'envoie pas des bons soldats au front »

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Stéphane Labrosse :  « On n'envoie pas des bons soldats au front »
© Capeb Rhône et Grand Lyon

Propos contradictoires, flou sur la protection partielle, manque de lisibilité... Fi des annonces, Stéphane Labrosse ne demande qu'une chose au gouvernement : de la clarté ! « La complexité du bâtiment aurait dû être prise en compte », déplore le président de la Capeb Rhône et Grand Lyon, qui continue d'appeler à l'arrêt des chantiers.

Arrêt ou reprise des chantiers : quelle est la prise de position de la Capeb Rhône et Grand Lyon ?

Elle est très claire : nous sommes pour une non reprise des chantiers tant que les salariés ne seront pas en sécurité sanitaire. À ce jour, on est sur une phase montante de la pandémie ; on ne met donc pas en danger nos employés, nos « familles » dans le monde de l'entreprise. On ne prend pas non plus le risque qu'ils contaminent leurs proches ou nos clients.

La raison est simple : nous n'avons pas de moyens à nous procurer actuellement. Même les services médicaux n'ont pas assez de matériel, je ne vois pas comment nous pourrions, nous, avoir un stock de masques suffisant ! Et demander aux artisans d'aller au front sans protection ? Hors de question.

Cependant, et bien entendu, nous restons au service des urgences. Un numéro vient tout juste d'être activé : le « DAC », pour « Dépannage artisans confiance »*, permettant à des électriciens, plombiers et serruriers d'intervenir sans délai chez les particuliers, dans les hôpitaux... mais aussi chez les autres artisans. L'entraide, ça marche aussi comme ça.

De quelle manière réagissent les artisans face à cette crise ?

Ils ne savent pas où donner de la tête. Ils sont préoccupés par la santé de leurs salariés, mais aussi par la problématique économique. Le flottement sur la prise en charge du chômage partiel, ça les traumatise... Alors bien sûr, les mails explosent à la Capeb. Nos adhérents veulent des réponses, on les informe au fur et à mesure des événements.

Une charte de bonnes pratiques est aussi en cours de validation au niveau national. Rédigée par l'OPPBTP, elle permettra d'informer les entreprises de la filière sur la bonne mise en œuvre des gestes barrières, pour des conditions sanitaires exemplaires et pour que le chef d'entreprise sache où il se dirige. Nous appelons à attendre ces recommandations officielles avant d'envisager toute reprise. Nous souhaitons aussi nous assurer que l'ensemble de ces recommandations pourra bien être respecté. Préserver la santé de nos salariés est une priorité absolue et, si les mesures de précaution ne sont pas suffisamment mises en avant, le mot d'ordre sera de poursuivre l'arrêt.

Ne serait-il pas tentant pour les TPE, à l'économie plus fragile, de poursuivre le travail en dépit des consignes ?

Nous constatons que notre ligne de conduite est très suivie. Les artisans sont à l'écoute et responsables. Bien qu'ils soient super anxieux sur l'après-crise, ils ont tout à fait compris que la santé de leurs salariés passait avant tout.

Cela concerne les TPE, mais aussi toutes les autres entreprises. Cette situation est inédite pour tout le monde, et on sera tous dans la même galère à la reprise. Le but, c'est que l'on puisse tous survivre. Il serait dramatique pour l'économie que nos entreprises disparaissent demain... D'autant que l'on aura grand besoin d'elles pour la reconstruction, comme après une guerre. Alors on n'envoie pas des bons soldats au front.

Bruno Le Maire semble pourtant avoir été clair quant aux mesures de protection partielle...

On n'en a pas la certitude, même si les signaux sont encourageants. Nous sommes en attente de réponses concrètes pour rassurer les chefs d'entreprise. Si on leur disait clairement que le chômage partiel était pris, ils ne se poseraient pas de question. C'est pour cela qu'on se défend. On a besoin de les rassurer, car les chefs d'entreprise peuvent aujourd'hui être attaquables sur du pénal : eux, à titre personnel, pas leur entreprise. Une charge très lourde à porter. De la même façon, le report des loyers, les charges fixes des salariés vont être de grosses problématiques à assumer sur ces prochains mois, voire ces prochaines années. On risque d'avoir des suicides demain, et c'est ce que nous voulons éviter à tout prix. Nous devons être vigilants avec les chefs d'entreprise, afin qu'ils ne se sentent pas seuls et ne sombrent pas dans le pessimisme. Les banques devront jouer le jeu, l'État aussi. Après la guerre, il y aura du travail.

* Numéro « DAC » : 04 72 20 03 04






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