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Lyon Musée des Tissus : tout premier point d'étape du chantier

La première phase est en cours du vaste projet de refonte du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon, repris par la Région en 2019, rue de la Charité. Commencé au début de 2021, l'ensemble du chantier doit s'étaler sur cinq à six ans (coût global 50/60 M€).
Musée des Tissus : tout premier point d'étape du chantier
©ES - Le toit de l'Hôtel de Lacroix-Laval sera la première partie terminée de ce vaste chantier

Rhône Publié le , Eric Séveyrat

Le chantier du futur musée des Tissus et des arts décoratifs est à la fois colossal par sa taille et minutieux par son projet patrimonial dans un cœur de ville classé Unesco. Un travail minutieux dans la dentelle urbaine du cœur de la Presqu'île et aussi par ses intérieurs, tout de lambris fragiles, de boiseries et de décorations d'époque. Promis à un large public, le lieu se devra à la fois d'être fidèle au témoignage architectural du XVIII è siècle et de répondre aux canons de la modernité du XXIè.

Dès le mois de décembre 2021, c'est la toiture de l'Hôtel de Lacroix-Laval entièrement classé au titre des monuments historiques, qui sera dévoilée. Tout a été refait dans le respect de l'esprit lyonnais du XVIIIè siècle. A l'intérieur, les travaux battent son plein : boiserie, lambris, lustres, fenêtres, cheminées…Les entreprises spécialisées les plus pointues s'affairent sous la houlette des architectes et de la directrice générale Esclarmonde Monteil. En 2023, la jonction se fera avec la deuxième partie, l'Hôtel de Villeroy, où entrera plus spécialement en action l'équipe de Rudy Ricciotti, le fameux architecte marseillais qui mènera le projet jusqu'en 2026.

Repris en 1925

L'ensemble qui prévoit une surface d'exposition et de visite de 7000 m2 sera relié par un bâtiment neuf qui remplacera le bâtiment du XXè siècle, sans charme, qui est actuellement entre l'hôtel de Villeroy (ex musée des Tissus) et l'hôtel de Lacroix-Laval (ex musée des arts décoratifs) : « L'Hôtel de Lacroix-Laval, le seul des deux ensembles à être classé au titre des monuments historiques est un joyau lyonnais, souligne Laurent Volay, architecte au cabinet lyonnais Archipat, le plus beau et le mieux préservé, il reste très peu de véritable hôtels particuliers du XVIIIè siècle à Lyon, beaucoup ont été détruits, celui-ci sera le seul ouvert au public. »

L'hôtel de Lacroix-Laval, qui comprend son jardin à l'arrière en face sud, ne sera pas « touché » par le projet Ricciotti, eu égards à son classement. En revanche un ample habillage de verre viendra rendre bien visible de loin et identifiable le musée des tissus sur la partie Hôtel de Villeroy (ancienne entrée et boutique) « Beaucoup de gens passaient trop souvent devant le musée sur le trottoir sans même l'identifier, affirme la directrice générale et conservatrice Esclarmonde Monteil. »

Côté rue, un autre bâtiment, appelé « la tour » sera lui aussi abattu et reconstruit pour marquer la façade. L'entrée sera aménagée directement sur le jardin après l'abattage du haut mur qui le dissimule.

L'hôtel de Lacroix-Laval qui fait l'objet de cette première phase, et s'il est classé, n'en est pas tout à fait à son premier lifting. Depuis 1925 notamment, année de l'installation du musée mais bien avant, la vaste demeure a connu des ajouts, des remplacements, et des restaurations pas toujours dans le respect des origines XVIIIè : « Chaque époque a sa propre conception de la restauration, poursuit Laurent Volay, nous voulons rester au plus près de ce que nous connaissons du XVIIIè avec les contraintes de sécurité du XXIè » .

Des lambris de Paris

L'hôtel de Lacroix-Laval qui a failli être détruit au début du XXè a été repris par une association en 1925 qui en fit le musée des arts décoratifs, à l'instar de celui de Paris : « Le bâtiment est garni de rajouts importés d'autres hôtels de Lyon, explique la directrice générale, des lambris, même des éléments d'hôtels parisiens de la même époque qui ont été apportés, nos collègues parisiens ont suivis le parcours de certains lambris notamment, sur lesquels ils ont veillés, mais qu'ils ont laissés en l'état à Lyon, d'autres éléments viennent de demeures lyonnaises, disparues, nous avons trouvé dans les caves des dizaines de manteaux de cheminées sans pouvoir dire s'ils étaient vraiment issus de l'hôtel lui-même… »

Plusieurs entreprises de haute qualité technique en restauration de patrimoine travaillent sur l'hôtel de Lacroix-Laval : l'entreprise Comte sur les maçonneries, les pierres de façades, les badigeons à la chaux avec sable de la Saône, comme à l'époque, les cheminées... Ces dernières vont être découvertes dès la fin de l'année lorsqu'on enlèvera les bâches blanches visibles de la rue, en même temps que la toiture, refaite avec des tuiles Blache (Ardèche) par l'entreprise Bourgeois. Quant à l'entreprise Perrault, elle est chargée, entre autres de remplacer environ 200 fenêtres sur le modèle du XVIIIè, en chêne français massif, peintes, et mises aux normes 2021 en sécurité, vitrage, équipements d'alarmes…

Eric Séveyrat

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