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Thierry Vidonne (BTP Loire) : « On ne peut pas rester à l'arrêt ad vitam aeternam »

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Thierry Vidonne (BTP Loire) : « On ne peut pas rester à l'arrêt ad vitam aeternam »
© Georges Rivoire

Face aux annonces contradictoires portées par le ministère de la Santé et le gouvernement, les professionnels du secteur attendaient le Guide de préconisations de sécurité sanitaire comme le Messie. À commencer par Thierry Vidonne, président de la Fédération du BTP de la Loire.

Le guide de préconisations de sécurité sanitaire vous satisfait-il ?

On est très satisfaits, non seulement car il a le mérite d'exister, mais aussi parce qu'il est très complet. Il a été de surcroît validé par différents partenaires qui n'avaient pas tout à fait les mêmes objectifs. Je parle des ministères de la Santé et du Travail, des syndicats de salariés et des organisations professionnelles. Le fait qu'il y ait un outil pratique, concret et partagé est déjà en soi une très bonne chose. Tout le monde l'attendait. Répond-il aux attentes ? Oui, parce qu'il préserve en premier lieu la santé des compagnons, et il donne des outils, des règles de bonne conduite et de bonnes pratiques pour redémarrer les chantiers.

L'heure est donc à la reprise dans la Loire ?

Aujourd'hui, je pense qu'on est à 90 % de chantiers arrêtés, même si nous nous étions engagés quand même sur des opérations de maintenance, d'astreinte et de dépannage. On redémarre petit à petit depuis une semaine, avec des chantiers tests ou avec des entreprises qui ont considéré qu'elles devaient reprendre. On a vu deux sortes de chantiers repartir : ceux où les gens travaillaient sans sécurité malheureusement, et puis, à l'inverse, des entreprises structurées qui ont mis en place des plans de prévention - basés d'ailleurs sur les premiers brouillons du guide de l'OPPBTP.

En aucun cas l'OPPBTP n'est une baguette magique qui permet de redémarrer l'activité du BTP. Le guide répond à un certain nombre de questions et de pratiques. Le commentaire que nous en faisons est qu'il faut essayer de redémarrer les chantiers parce qu'on ne peut pas rester à l'arrêt ad vitam aeternam. Le déconfinement, qui s'observera peut-être fin avril, sera progressif et on peut imaginer que l'on aura des consignes strictes sur les chantiers, même après. Quelque part, suivre les principes de ce guide, c'est se préparer à un futur qui sera de toute manière contraignant.

Le rôle de la fédération est-il d'inciter les entreprises à reprendre ?

La reprise des chantiers se fait sous la responsabilité des entreprises, et la fédération n'a pas à se substituer à leur décision. On aurait d'ailleurs bien du mal à le faire, car cela dépend des chantiers eux-mêmes (avec co-activité ou grands déplacements par exemple). Ce qu'on peut imaginer, c'est que beaucoup d'entreprises vont réfléchir cette semaine à un redémarrage progressif. À titre d'exemple, les bailleurs sociaux avaient décidé un arrêt total des chantiers. Certains d'entre eux commencent à revoir leurs positions. Mais plus le chantier est important, plus il sera compliqué de le redémarrer. Cela se fera graduellement.

L'ensemble des organisations professionnelles est d'accord sur l'idée de redémarrer l'activité. Après, les différents intervenants de la filière devront être solidaires (maîtres d'ouvrage, SPS, maîtrises d'œuvre) pour une relance en toute sécurité. Il faut une conscience et une solidarité collective, c'est cela qui permettra une reprise efficace.

Le stock de masques est-il suffisant dans la Loire ?

Avant toute chose, je tiens à dire qu'en collectant auprès de nos adhérents il y a de cela deux à trois semaines, nous avons ramené 20 000 masques FFP2 aux établissements publics (CHU, Ehpad...). Mais un certain nombre de fabricants, y compris sur la Loire, se sont mis à produire des masques type Afnor. La fédération a communiqué ces adresses (Sigvaris, Gibaud, Thuasne, AJ Biais, etc.) aux adhérents. Je pense que toutes les entreprises vont chercher des masques, mais elles le feront individuellement. Par la fédération, ce serait ingérable.

Comment les professionnels du BTP vivent-ils la situation ?

Les sentiments étaient partagés, entre les entreprises qui voulaient continuer coûte que coûte et d'autres qui refusaient catégoriquement de travailler. Position renforcée en début de confinement, en raison des propos contradictoires et inacceptables tenus par le gouvernement - je pense bien évidemment à Muriel Pénicaud.

Quelles sont les retombées économiques à craindre ?

Je pense que cela va être très compliqué. Il y a de gros efforts d'accompagnement des banques, de BPI France, de Pro BTP... Tous les organismes, comme L'Auxiliaire ou les partenaires, sont très mobilisés, mais je suis incapable de prédire le résultat. J'invite néanmoins tous les non-adhérents à nous rejoindre pour profiter de nos conseils. Toutes les équipes de la fédération sont mobilisées depuis des semaines pour répondre aux questions des entreprises.

Comment envisager la sortie de crise ?

Elle va être graduelle, et je pense que le secteur du BTP entre déjà en période de déconfinement partiel. Nous réfléchissons à des idées pour essayer de favoriser le redémarrage. Par exemple, on a su que toutes les procédures de permis de construire avaient été bloquées. C'est incompréhensible. Cette mesure doit se lever pour que l'activité reprenne. Il faudrait aussi peut-être que les collectivités relancent des travaux.

Le report du 2e tour des élections municipales en septembre serait-il un mauvais signal pour le secteur ?

Le 1er tour a été intéressant, dans le sens où beaucoup de communes ont trouvé leurs maires du premier coup donc, pour nous, c'est mieux. On sent une stabilité sur le territoire et cela est positif. Nous sommes relativement sereins à ce niveau.




Stéphanie VÉRON
Journaliste

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