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Tunnel du Chat : La galerie du tunnel de sécurité est percée

La jonction a été effectuée entre les 1000 mètres creusés d'un côté, de juin à décembre 2015, et les 500 mètres entamés de l'autre depuis janvier. Suivront les aménagements du tube de 3,50 mètres en parallèle du tunnel qui sera ensuite lui-même remis aux normes, tout devant être fini en novembre 2017.
Tunnel du Chat : La galerie du tunnel de sécurité est percée
Le 26 mai 2016, une date historique pour l'équipe du creusement de la galerie de sécurité du tunnel du Chat

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Le tunnel du Chat, qui relie le bassin Chambéry-Aix à Yenne avait été mis en service en 1932, pour désenclaver le secteur de l’Avant-Pays Savoyard, servant alors également de liaison transversale des poids lourds sur l’ancienne nationale 504, en provenance de l’Ain ; avec pas moins de 1500 passages/jours sur un trafic totale de plus de 11 000 véhicules. Ceci jusqu’à la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc en 1999, qui a rendu la réglementation plus sévère, les transports de marchandises étant alors réduits à une desserte de sept entreprises locales aujourd’hui de 60 poids-lourds (à terme, elle sera élargie, pour un total de 120 camions et 40 cars). Entre temps, l’ouvrage propriété de l’Etat, est passé aux mains du département en 2006 qui avaient déjà réalisé des premiers travaux de modernisation.


Toutefois, le véritable chantier de mise aux normes a débuté en février 2015. Le département avait étudié plusieurs solutions allant de l’agrandissement du tunnel existant au creusement d’un nouveau, avec reconversion de l’ancien en galerie de sécurité, ou encore la création d’un deuxième tunnel pour accueillir un sens de circulation. Finalement c’est la rénovation du tunnel existant avec le creusement d’une galerie parallèle de sécurité qui a été considérée comme la plus à même de répondre aux enjeux de l’opération, mais aussi la moins contraignante en phase travaux. Le département a aussi fait le choix d’ouvrir cette galerie aux piétons et vélos, créant ainsi un nouvel itinéraire modes doux sécurisé
Le gros de l’opération, c’est donc bien la réalisation d’une galerie de sécurité sur 1,5 kilomètre pour un diamètre de 3,5 mètres, distante d’environ 30 mètres du tunnel actuel, afin de ne pas impacter l’ouvrage au moment du percement. La méthode « traditionnelle » de percement à l’explosif a été choisie plutôt que celle du tunnelier retenue pour des chantiers plus importants, sachant qu’en outre les plates formes aux deux bouts de l’ouvrage aurait eu du mal à accueillir un engin de grande taille. Les travaux avaient débutés en juin 2015 avec une formation par guidage, la deuxième étape faisant appel aux explosifs logés dans les trous préalablement réalisés. Au total, 650 tirs auront été nécessaires, suivis du marinage, phase d’évacuation des matériaux avec un « charge et roule », 25 à 30 allers-retours étant nécessaires chaque fois. A ce rythme, la portion la plus importante, débutée côté Yenne, à Saint-Jean-de-Chevelu, a pu atteindre 1000 mètres de percement en décembre dernier. Depuis janvier, c’est du côté du lac du Bourget, à Bourdeau, qu’ont été entamé les 500 mètres restant, la jonction étant effectuée entre les deux bouts le jeudi 26 mai dernier, moment symbolique pour les entreprises et le maître d’ouvrage qu’est le conseil départemental.

Le percement entre les 1000 mètres creusés d’un côté, les 500 de l’autre a abouti au bout d’un an de travaux.

La galerie de sécurité sera ensuite dotée d’un revêtement en béton comprenant la gaine d’extraction des fumées, d’un éclairage de secours progressif qui détectera le passage des piétons et cyclistes pour économiser l’énergie; des caméras orientables positionnées à l’entrée des rameaux en plus d’une caméra à chaque entrée et sortie de la galerie. Un câble rayonnant permettra aux secours de communiquer par radio. La galerie sera également d’une conduite et des poteaux incendie tandis qu’un réseau multitubaire permettra le passage de divers réseaux comme la fibre optique. Seront installées de nouvelles stations de ventilation en tête de galerie et 14 conduits de désenfumage relieront également les deux ouvrages, la galerie et le tunnel. De même 4 issues de secours (rameaux de communication entre le tunnel existant et la future galerie parallèle) seront créées auxquelles s’ajouter un cheminement piéton à l’intérieur du tunnel équipé de niches de sécurité.
Après l’ensemble des travaux lié à la nouvelle galerie, s’enchaîneront ceux de la rénovation du tunnel principal qui nécessitera sa fermeture d’avril à novembre 2017, période condensée au maximum, pour limiter les nuisances et exclure les mois d’hiver durant lesquels la déviation par le col du Chat n’est pas possible. A l’arrivée, l’opération aura nécessité un investissement de 40 M€ sur 3 ans ; auquel il faut ajouter les aménagements de giratoires aux entrées du tunnel, ainsi que les travaux de sécurisation du col, avec suppression de becs rocheux et pose de filets de protection. Ce qui fait monter la note finale à 53 M€. Mais le jeu en vaut bien la chandelle.

Bruno Fournier

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