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Véhicules utilitaires – engins de chantier : un secteur à la croisée des chemins

Pour le BTP, le verdissement de la flotte automobile est devenu une priorité depuis quelques années. Pourtant, si une première amorce de virage a déjà été entamée, le chemin vers la mobilité durable risque encore d’être long.
Véhicules utilitaires – engins de chantier : un secteur à la croisée des chemins
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Avec un parc automobile à plus de 95 % diesel pour les utilitaires et à 99 % pour les poids lourds, le virage vers la conversion aux motorisations alternatives semble bien loin pour le secteur du BTP.

Motorisation alternative : le BTP prêt à à s'y mettre

Pourtant, depuis plusieurs mois, un frémissement semble se faire ressentir. Impulsé par l’instauration des ZFE mais aussi par une véritable envie de faire bouger les lignes, il pousse de plus en plus de professionnels à tourner le dos au sacrosaint diesel pour embrasser l’électrique, le GNV ou encore l’hydrogène.

C’est en tout cas ce que confirme une étude menée par la Cellule économique régionale de la construction d’Auvergne-Rhône-Alpes en 2021. Intitulée "Transition énergétique des véhicules de la filière", elle avait été commandée par la Région, la FFB, la Capeb, la FRTP et l’Unicem.

"Un besoin de faire un état des lieux de la demande des entreprises et de l’offre des constructeurs avait été exprimé, indique Guillaume Aubrit, chef de projets environnement et déchets. Pour ça, nous avons interrogé des gestionnaires de flottes du bâtiment, des travaux publics et de l’industrie des matériaux de la région. Ce qui représentait un panel de 800 répondants."

Les premiers enseignements de cette enquête confirment bien que l’intérêt pour les motorisations alternatives est là. "On se rend compte que 45 % des gestionnaires de flottes de moins de dix véhicules et 67 % des gestionnaires de flottes de plus de 10 véhicules ont l’intention d’acquérir au moins un véhicule électrique, GNV ou hydrogène d’ici 2025", indique Guillaume Aubrit.

"La sauvegarde de notre environnement est une question qui nous touche"

Un intérêt avant tout philosophique pour le chef de projets de la CERC. "Oui, les ZFE accélèrent la mutation des flottes, mais les professionnels ne sont pas insensibles à la question écologique." Ce que confirme Eric Bouvard, de la Fédération BTP Rhône et Métropole.

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"Nous savons que nous avons un rôle à jouer dans la réduction des gaz à effet de serre. D’ailleurs, nous faisons déjà beaucoup d’efforts et nous sommes prêts à continuer. La sauvegarde de notre environnement est une question qui nous touche, nous aussi."

Même son de cloche pour Christian Gianassi, vice-président de la Capeb Isère. "Nous ne nions pas l’évidence. Les véhicules ont un impact sur le réchauffement climatique et tout le monde doit faire un effort sur ce point."

Les dérogations, "pas la solution" pour la Capeb

Pourtant, c’est aujourd’hui bien la réglementation sur les zones à faibles émissions, entrées en vigueur à Lyon et Grenoble, qui cristallise les tensions chez les professionnels du BTP.

"Les artisans du BTP sont confrontés à de nombreux problèmes économiques actuellement, précise Christian Gianassi. La cherté de l’énergie, le coût des matériaux qui explosent... Donc ajouter à ça le renouvellement de nos flottes automobiles, c’est mettre en danger beaucoup d’entreprises."

Pour celui qui est en charge des problèmes de mobilité à la Capeb iséroise, les ZFE pourraient même créer un artisanat à deux vitesses. "Si je prends l’exemple de Grenoble, ceux qui sont implantés dans la Métropole pourront bénéficier d’aides à la conversion alors que ceux qui ont dû s’installer un peu plus loin à cause de la cherté du foncier non. Ça n’est pas juste. Et ça pourrait, à terme, créer une pénurie d’artisans et faire monter les prix."

Les dérogations ne sont pas non plus la solution selon lui – "nous sommes plus pour un report de l’interdiction des Crit’Air 2" -. Mais pour Olivier Aubert, président de la commission environnement et innovation à la FFB Aura, elles pourraient tout de même permettre une temporisation salutaire pour le secteur. "On discute beaucoup avec les collectivités pour ça. Mais nous demandons aussi des aides plus importantes."

"Surtout que certains de nos confrères ont déjà renouvelé une partie de leur flotte en 2020, pour aller vers du diesel moins polluant, peste Eric Bouvard. Et aujourd’hui, on leur dit que ça n’est pas suffisant et qu’avant 2026, il faudra à nouveau investir. Ça n’est pas normal !"

La suite de l'article dans notre édition du 22 septembre

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