AccueilActualitésYann Pommet : "Les élus ne veulent plus être des bâtisseurs"

Yann Pommet : "Les élus ne veulent plus être des bâtisseurs"

Pour Yann Pommet, le président de la filière construction de la Fédération BTP Rhône et Métropole, la crise du logement est une réalité dans l’agglomération lyonnaise.
"La crise du logement est une réalité dans l’agglomération lyonnaise."
Shutterstock - "La crise du logement est une réalité dans l’agglomération lyonnaise."

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Beaucoup de professionnels tirent la sonnette d’alarme quant à la dynamique du logement neuf dans la Métropole lyonnaise actuellement. Vous partagez cette inquiétude ?

Complètement. On vit une crise sans précédent. Il faut remonter plus de dix ans en arrière pour retrouver des résultats aussi bas. Selon nos projections, on devrait se situer autour de 2700 logements neufs réservés sur l’année 2022. C’est-à-dire moins qu’en 2020, où les bureaux de vente ont été fermés pendant des mois.

"Le logement privé assure quasiment 70 % de la production de logements sociaux"

Pourtant, les besoins sont partout dans la Métropole de Lyon. Il manque des logements pour le secteur privé en général, pour les primo-accédants, pour les investisseurs… Et pour le social ! Il ne faut pas oublier que le logement privé assure quasiment 70 % de la production de logements sociaux. Donc plus le privé est attaqué, plus le nombre de logements sociaux baisse. C’est mathématique.

Comment expliquer ces chiffres ?

La baisse des permis de construire. Il n’y a que ça. Ce sont les services d’instruction de la Métropole et des communes qui ont ce pouvoir. Mais aujourd’hui, les élus ne veulent plus être des bâtisseurs. Beaucoup pensent uniquement à leur réélection. Ajoutez à cela des modifications successives du PLU, qui à chaque fois restreignent la capacité de construction réglementaire, et vous obtenez ces chiffres dramatiquement bas.

La hausse du coût des matériaux subit depuis plusieurs mois influe-t-elle sur les prix de vente ?

Pratiquement pas. Les prix de vente, à cause du coût du foncier, sont tellement élevés qu’on ne peut pas faire subir de nouvelles hausses. Donc, à l’heure actuelle, on a des opérations qui se font avec des marges très faibles ou négatives. Conséquences, certains projets sont au point mort.

La RE2020 a-t-elle eu un impact sur la construction en France ?

Oui mais s’il n’y avait eu que ça, on s’en serait sortie. La hausse des coûts de construction liée à la RE2020 est de 8 à 12 %. Ce qui est important. Mais on aurait pu faire face avec des volumes. Ce que l’on a plus aujourd’hui…

Et le ZAN ? Vous voyez ça comme une nouvelle contrainte ?

Pour moi, on va surtout devoir revenir sur cette décision. Ça va être impossible de l’appliquer, sous peine de complètement figer certains territoires. Donc il faudra amender cette réglementation.

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